Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Renaud Saliba

  1. Enraciné dans le charisme oblat

un groupe assis en rond sur l'herbe

Comment articules-tu tout cela avec le fait d’être Oblat, avec le charisme d’Eugène de Mazenod ?

Ce que j’avais découvert à Lourdes à l’époque s’est confirmé : cette idée que les Oblats sont des gens qui ne jouent pas aux spécialistes, qui ont toujours envie de mettre des gens en marche, qui ont une certaine liberté dans le vécu de leur vie religieuse. Je n’ai jamais regardé ailleurs, d’autres congrégations. C’est un parcours possible : aller voir telle ou telle congrégation puis se décider. Non ! Moi, cela avait été « ça ou rien », et je ne suis jamais revenu là-dessus.

Pour moi, la vie religieuse et la vie oblate, ont toujours été de l’ordre du signe, du témoignage, et ce, pas uniquement à travers un être mais également un faire, la façon dont on vit la vie en communauté, le partage des biens : vivre une diversité, se laisser petit à petit interpeller par la vie communautaire. Avec le sacerdoce, c’est davantage l’aspect « proclamation ». Si je prends les catégories bibliques, il y a le témoignage et la proclamation. Je vois beaucoup le sacerdoce de ce côté-là : le prêtre doit parler, il doit se mouiller ecclésialement, être présent, assurer un certain nombre de fonctions. Je vois cela de ce côté-là. Je sens que j’ai peut-être maintenant suffisamment de maturité pour prendre ce deuxième service. Mais le fait est que je vais garder mon activité d’enseignement, avec néanmoins une ouverture, je le vivrai différemment.

Au fond, les choses se mettent très lentement en place. Je suis rentré chez les Oblats en 1996 et nous sommes en 2008. Cela fait douze ans pour arriver au sacerdoce. Les choses se mettent en place progressivement ; j’ai l’impression d’avoir intégré chacun des éléments petit à petit : formation religieuse, se sentir bien comme religieux oblat dans une activité, puis après, les ordinations !

Les psy nous parlent de quatre émotions de base, qui nous constituent comme être humain : la joie, la peur, la colère, la tristesse. Tout ce qui nous advient de l’extérieur, comme événement, nous met en mouvement intérieurement autour de ces quatre émotions-là. Tu n’es pas encore à la veille de ton ordination, mais tout de même à l’avant-veille. En toi, comment cela met-il ces quatre émotions en route ?

Bonne question ! Etonnamment, et je ne m’y attendais pas, je suis vraiment dans la confirmation de mon choix. Je ne pensais pas que j’allais vivre ça mais plus ça va, plus je suis certain de prendre la bonne décision. Tout le chemin semble validé. On ne peut jamais être sûr mais il y a tout de même cette idée que je suis bien là où je suis, content de ce qu’y se passe et que je l’assume. Alors ça, ça donne plutôt de la joie, une joie profonde et tranquille devant la certitude du chemin pris.

La peur ? Pas tellement, finalement ! Je suis peut-être un peu idéaliste, mais je crois que lorsqu’on est religieux, on élimine… Bon ! La peur de décevoir, ne pas être à la hauteur ? Bien sûr ! Mais on est ce qu’on est. Je n’ai pas trop peur, parce que je ne veux pas atteindre forcément quelque chose. Je n’ai pas la peur de ne pas réussir.

La tristesse ? Non ! C’est plus le sentiment de la joie qui domine, une joie qui assume ce qui se passe. Il n’y a donc pas de regret.

La colère ? Je ne suis pas quelqu’un qui se met souvent en colère !

Eh bien ! Le 25 janvier, nous serons en joie avec toi, et autour de toi. Merci et bonne route !

Bertrand Evelin
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