Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Jacques Ollès (1937-2019)

portrait de Jacques Ollès il y a quelques années

Jacques, mon frère

Quelques mots et pensées sur Jacques OLLES, qui vient « d’accomplir son passage »…

La première fois que j’ai fait sa connaissance, c’est à Aix-en-Provence, en 1995, lors le l’Expérience de Mazenod, session qui réunissait pour 3 mois des Oblats du monde entier (un temps de recyclage, de réflexion, avant de repartir)

Jacques était chargé de nous présenter Eugène de Mazenod et le charisme Oblat…

Il avait l’avantage de parler clairement, simplement, et avec conviction… ce qui était apprécié par des Oblats du monde entier, venus d’horizons tellement différents, après 15 ou 20 ans de vie missionnaire… On s’est retrouvé là, grâce à lui, en face d’un homme (Eugène) qui, voyant la situation de l’Eglise en son temps, allait répondre et proposer des solutions…

Jacques a tellement insisté (de même que René Motte), sur les intuitions d’Eugène, sur son projet proposé, sur les orientations données… que ça m’a fortement marqué… et interrogé, pour notre aujourd’hui. (Albert Littner qui était là pourrait en témoigner).

J’en fus tellement impressionné, et j’ai tellement profité de cette expérience, que plusieurs années plus tard, quand on m’a demandé de parler d’Eugène et du charisme Oblat aux novices de Mons-en-Baroeul, j’ai accepté tout de suite.

La deuxième rencontre avec Jacques Ollès, en juillet 1998, fut lors de mon arrivée peu glorieuse en France, avec hépatite A et B, palud, amibiase… et j’en passe. Jacques était à Lyon, au scolasticat de Trion. J’ai été bien accueilli par toute l’équipe (ce qui est important quand vous venez d’ailleurs complètement à plat, et lorsque vous vous faites poliment remercier, après 25 ans de travail en Afrique). J’ai passé plusieurs mois à me reposer et à commencer un premier rangement et classement de la bibliothèque … Jacques prenait souci de ma santé… ( Benoît Dosquet et d’autres en sont témoins )…

La troisième rencontre fut notre commune nomination à Nice, où pendant 11 ans nous étions dans la même communauté…

Certains confrères ne seront pas forcément d’accord avec ce que je dis, qui n’est qu’un aspect des choses, mais c’est ce que moi j’ai vécu !

Ce que je retiens de Jacques, c’est son attention aux plus pauvres, aux plus petits, aux marginalisés… Son accueil pour chacun… son investissement dans l’association David et Jonathan… ses homélies soignées et interpelantes… sa patiente présence à l’Hôpital (accueil et visites des malades)…

Ce que je retiens aussi de lui, c’est son vocabulaire qui était d’aujourd’hui, pas cul-cul, pas béni oui-oui, un argot allant parfois jusqu’à la grossièreté au point que certains étaient choqués (mais quand on connaissait le fond de son cœur on arrivait à accepter ses propos quelque peu outranciers)… Ce que je retiens de lui, c’est ses « coups de gueule » parfois violents, quand il n’était pas d’accord avec l’évêque ou avec le curé du coin ou avec l’autorité… Quand il était fatigué il disait tout fort « Allez Ollès, courage ! » et il se remettait en route… Jacques n’aimait pas les demies-mesures, c’était un homme « entier ».

Comme il a su ouvrir son cœur et ses bras, nul doute que tous ceux qui nous ont précédés l’accueilleront largement dans l’autrement du monde !

Serge Cuenot, 2 mars 2019

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