Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Martin Kedah

En route vers le baptême

Portrait de Martin Keda
Martin joue de la Kora au scolasticat du Nord-Cameroun

A partir de quand as-tu commencé à prendre contact avec les Oblats ?

Je suis né dans une « paroisse oblate. Bon c'est vrai que je ne distinguais pas entre les prêtres Oblats et les autres. Il faut dire qu'à l'époque, les prêtres diocésains étaient très rares. De la paroisse Saint-Pierre de Garoua, je ne connaissais donc que les Oblats. Sans trop me poser de questions sur ce que j'allais devenir, je savais qu'ils étaient là, ils m'impressionnaient. Depuis mon enfance, j'ai toujours été à l'église, mais sans plus. Chaque année je recommençais la catéchèse parce que je n'étais pas régulier ! J'étais pris par le football au lieu d'aller à la catéchèse ! Du coup après un certain nombre d'absences, il fallait recommencer ! Finalement c'est bien plus tard, vers 19 ans, que je me suis décidé enfin à recevoir le baptême. C'était à Pâques 96.

Qu'est-ce qui t'a décidé ?

Je ne sais pas vraiment mais à un certain moment, au lycée, je me suis dit qu'il fallait quand même que je sois baptisé comme les autres jeunes de mon âge. Je voulais en finir avec ça ! Je voulais aussi communier comme les autres parce qu'à la messe, je voyais les gens se lever et moi je restais là... Et c'est comme ça que je j'ai pris au sérieux la catéchèse. J'avais déjà fait l'entrée en catéchuménat par le passé. Et c'est vraiment pendant la retraite pré-baptismale animée par le père Léon Robin d'heureuse mémoire... Il nous a pris pendant deux semaines, il a repris toute la catéchèse qu'on avait faite. C'est pendant ce temps que, je peux dire, la conversion s'est manifestée, le désir de suivre le Christ, parce que reconnaissant son amour pour moi ; et la beauté du message évangélique. Ça, ça m'a impressionné, ça a fait un déclic. Du coup, ce baptême que je devais recevoir a pris une grande signification. Cela a été un tournant dans ma vie.

Ce n'était plus « pour faire comme tout le monde » !

Non, ce n'était plus pour faire comme tout le monde ! Ça avait vraiment changé grâce à ce moment de retraite. Je rappelle ce qu'il nous disait ; il rappelait le message de l'Apocalypse : « Si tu es tiède je te vomirai de ma bouche. Il faut être soit chaud soit froid ». Le Père Léon Robin était réputé difficile à administrer le baptême aux gens parce qu'il exigeait beaucoup d'eux. Et il nous disait : si j'exige beaucoup de vous, c'est par ce que je voudrais que vous soyez des chrétiens vraiment dignes de ce nom, pas des tièdes ! C'est tout ça qui m'a amené à prendre au sérieux ce moment. Et une fois baptisé, j'ai senti le désir de me donner, de faire plus dans mon engagement au sein de la communauté. Du coup je me suis engagé dans beaucoup de choses, commission liturgique, mouvements de jeunes, catéchèse. Mais toujours, je sentais qu'il y avait quelque chose de plus à faire pour dire merci à ce Christ ! Pour moi c'est par reconnaissance que je m'engageais davantage, pour que les autres aussi puissent goûter à ce message de l'Évangile qui est vraiment libérant, compte tenu de toute la pesanteur de la tradition culturelle que les gens vivaient ; je trouvais l'Évangile comme un message vraiment de libération qui pouvait donner beaucoup à la population ; je me disais que si je pourris être utile pour cela, ce serait bien.

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