Warning: Unknown: Unable to allocate memory for pool. in Unknown on line 0 Oblats de Marie Immaculée - Province de France
Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Il y a un temps pour tout

vase
Kintsugi

Il y a quelque temps, une personne très avisée m’a posé la question : « Est-ce qu’un provincial prend des vacances ? ». Certes oui, avais-je répondu. C’est même essentiel. Aujourd’hui, une autre question m’est posée : « Que fait donc un ancien provincial quand on lui a généreusement octroyé une année sabbatique ? ».

« Il y a un temps pour tout ! » La citation est connue ! Un temps dirais-je, pour prier davantage, un temps pour lire, un temps pour se soigner, un temps pour visionner des films, un temps pour se reposer, un temps pour visiter des musées, un temps pour faire des confitures et essayer quelques nouvelles recettes… un temps pour écrire et un autre pour remercier, un temps pour rendre visite à sa famille, ses neveux et nièces, un temps pour ranger, classer, trier et jeter…

Un temps pour lire, certes ! Mais que lis-tu ? Chaque matin, je prends le temps de lire La Croix et de goûter quelques articles. J’apprécie tout particulièrement : « l’humeur des jours », la chronique de Bruno Frappat dans l’édition du samedi et dimanche. Dans l’édition du samedi 4 et dimanche 5 octobre, le titre est accrocheur « Lumières dans nos nuits ». Outre l’article sur Hervé Gourdel, il y a cette invitation à lire l’ouvrage d’Alexis Jenni intitulé « son visage et le tien ». (Ed Albin Michel – 178 p.) J’en ai commencé la lecture. « Le livre qu’Alexis Jenni publie aujourd’hui n’a rien d’un roman, c’est un essai sur la foi. Nos cinq sens sont revisités. Permettent-ils ou non d’accéder à la contemplation du visage du Christ ? Et Bruno Frappat de conclure : « Ce livre époustouflant ne se résume pas, ne se discute pas Il est comme un souffle d’air passant dans une atmosphère empestée. Laissons-le agir comme une pierre librement lancée à la tête de tous les fanatismes, de toutes les certitudes. Un vrai poème sacré ».

Un souffle d’air ? C’est une certitude et ça fait grand bien.

Dans les revues qui arrivent encore au 34, future ex maison provinciale, sans pourtant y passer le temps consacré à la lecture de La Croix, j’apprécie l’invitation à garder un œil ouvert sur la Mission Universelle. Outre les nouvelles de Rome (format papier), Der Weinberg, Les frères missionnaires des campagnes, Oblatio, La Documentation Catholique, Omnis Terra, Documents Episcopats, Vivre l’Eglise (ND de la Prière – Pontmain), Inseme, Eglise de Limoges, Eglise en Guyane, Voix d’Afrique, Echos du Sanctuaire (ND de Sion), les publications émanant du Diocèse de Créteil, Angelica (Sœurs du Sacré Cœur de Jésus)…

C’est dans cette dernière revue, toute simple, tirée à l’offset… que j’ai découvert ce texte, connu peut-être, mais que je considère comme une perle. Et chacun sait que les perles sont qualifiées de précieuses.

Profitons-en. Voici donc ce texte intitulé : «  le miracle de la miséricorde ».

« Un potier américain devait se rendre chez son ami au Japon. Au moment de faire ses valises, il y plaça de très belles céramiques qu'il voulait offrir à son hôte. Arrivé à destination et à l'heure d'ouvrir ses bagages, il découvrit avec consternation toutes ses poteries brisées : aucune pièce n'avait été épargnée par les aléas du voyage! Désolé, il jeta le tout à la poubelle dans sa chambre.

A la fin de son séjour, alors qu'il avait oublié sa mésaventure, l'artiste américain reçut de son hôte japonais les pièces de céramiques réparées avec de l'argent ! Il découvrit ainsi la tradition japonaise du kintsugi. Classiquement, il s'agit d'une réparation à base d'or, de sorte que la brisure restaurée rend la pièce beaucoup plus précieuse qu'initialement, lorsqu'elle était intacte.

L'ami japonais sourit doucement : « Tes céramiques sont encore plus belles que lorsque tu les as apportées ! » L'artiste américain s'émut profondément de recevoir en cadeau les vases qu'il avait emportés pour les offrir, mais qui étaient à présent d'une plus grande beauté et d'une plus grande valeur.

Cette histoire illustre avec justesse le miracle de la miséricorde divine. L'amour de Dieu se plaît à restaurer notre expérience de péché ; il vient réparer nos failles, nos fragilités. De sorte que notre existence se trouve embellie, revalorisée, renouvelée... Pourquoi craindre encore nos zones de fractures et tous les ratés de nos vies ? Ils peuvent devenir l'occasion d'une œuvre plus belle et plus achevée ».

Du coup, pour m’instruire, je suis allé sur « Wikipedia » et j’y ai trouvé cette définition du kintsugi.

Le kintsugi (japonais : « jointure en or ») ou kintsukurois (japonais : « réparation en or ») est une méthode japonaise de réparation des porcelaines ou céramiques brisées au moyen d'une résine laquée saupoudrée de poudre d'or. Le kintsugi serait apparu lorsque, à la fin du XVe siècle, le shogun Ashikaga Yoshimasa a renvoyé en Chine un bol de thé chinois endommagé pour le faire réparer. Le bol étant revenu réparé avec de vilaines agrafes métalliques, les artisans japonais auraient cherché un moyen de réparation plus beau.

Les collectionneurs se sont ensuite à ce point épris de cet art nouveau que certains ont été accusés d'avoir délibérément cassé de précieuses poteries afin qu'elles puissent être réparées avec les coutures d'or du kintsugi. Le kintsugi est étroitement associé aux ustensiles en céramique employés pour la cérémonie japonaise du thé.

Après tout, puisqu’il m’est donné du temps, pourquoi ne pas rechercher des perles ?

Yves Chalvet de Récy

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