Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Raoul Martin (1928-2017)

Raoul Martin jeune séminariste
Raoul Martin étudiant à Solignac dans les années 50

Raoul Martin est né à Moirans (Isère) le 23 juillet 1928. Ils étaient une fratrie de 9 enfants. Il a suivi l’école secondaire dans un collège catholique de Grenoble. Après ses études secondaires il est entré au noviciat des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée à N.D. de Bon Secours. Les dernières années du scolasticat se sont passées à Solignac. C’est en 1953 qu’il a été ordonné prêtre, chez lui, à Moirans. Dès 1954 il a commencé sa mission au Cameroun-Tchad. Elle a duré 60 ans.

Le 8 décembre 1954 il avait embarqué dans un hydravion Latécoère pour le Tchad avec trois autres Oblats, les PP Tabart, Christians et Folschweiller. Ils ont atterri sur le lac de Léré. C’est là qu’avec le Père Dominique Noye, il a commencé sa longue présence au Tchad, Léré, Bissiè-Mafou chez les Moundangs. Il a parcouru toute la région, à pied, à cheval, en moto, en pirogue… Très vite, il a appris la langue des Moundangs et il s’est rendu proche des gens. Il a fini sa mission au Cameroun-Tchad au CMO de Ngaoundéré, près du noviciat des Oblats.

De là il est rentré définitivement en France pour raison de santé (yeux et oreilles) Il entendait très mal et ses yeux faiblissaient de plus en plus. Après l’obédience du Supérieur Général pour la Province de France, le Provincial a donné, à son tour, obédience pour la maison de Strasbourg. Mais son cœur est resté chez les Moundangs. Il avait une plume alerte, possédait une philosophie de la vie bien campée, éclairée par un humour fin qui ne l’a pas quitté jusqu’à sa mort.

Voici quelques phrases de lui qui illustrent bien ces propos : « Le pays est partout où l’on se trouve bien » - « Un endroit quitté ne nous quitte jamais » - « Un virus dont on ne me guérira pas : l’amour de ce coin d’Afrique où j’ai vécu pendant plus de 50 ans ».Dans ces quelques phrases, toute sa personnalité est décrite. Raoul fut un homme d’Evangile. Voici quelques phrases d’où ressortent ses Béatitudes : « Heureux ceux qui montrent compréhension pour mon pied boitillant et ma main tremblante. Heureux ceux qui comprennent que mon oreille doit faire effort pour entendre ce qu’ils me disent. Heureux ceux qui savent que mes yeux voient troubles et que mes pensées ne suivent que lentement. Heureux ceux qui prennent en souriant le temps pour faire un brin de causette…. Heureux ceux qui me montrent que je suis respecté et aimé et pas laissé à l’abandon. Heureux ceux qui dans leur bonté me facilitent les jours qui me restent à vivre. Heureux les miséricordieux, heureux ceux qui savent pardonner, heureux ceux qui savent se faire pardonner et même ceux qui savent se pardonner à eux même et elles-mêmes, parce qu’ils se mettent à la place du Dieu du pardon et de miséricorde ».

En communauté, lui, le vieux « broussard » a été un exemple. Même avec ses oreilles déficientes il assistait à toutes les réunions de la communauté, quitte à dire à la fin, qu’il n’avait rien compris de ce qui avait été dit. Il en a été de même par rapport à la célébration de l’Eucharistie. Il a été un compagnon agréable, un bon et fidèle serviteur, avec son caractère et son tempérament à lui, mais jamais méchant. Il a eu le bonheur de fêter, au milieu de ses confrères, avec quelques membres de sa famille, son jubilé sacerdotal de diamant au milieu de ses confrères de Strasbourg.

Son corps repose désormais au cimetière des Oblats de N.D. de Neunkirch avec celui de nombreux Oblats, dont certains ont été aussi missionnaires du Cameroun, comme les Pères Fuchs et Schaller.

André Marion

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