Le caveau du cimetière

24 juillet au soir

La communauté est embarquée en camion vers la caserne Damesme de Fontainebleau.

On apprend bientôt qu’à La Brosse, un dépôt d’armes a été découvert dans un caveau du cimetière.

26 juillet

Le stock du 2e parachutage a pu être distribué,  le 26 juillet : Maquis de Courlon, Honneur de la Police, peut-être également le groupe de Valence.

Bientôt, le séminaire est inculpé de « coopération passive à la résistance » et de « recel d’armes ».

28 juillet

Les Oblats sont envoyés au Frontstalag 122 de Royallieu-Compiègne.

Quelques mois plus tôt, leur camarade Oblat Gilbert Thibeaut y a séjourné. Réfractaire au STO, il s’était engagé dans le réseau Turma à Paris.
Dénoncé par un camarade du groupe, il était arrêté le 1e
r octobre 1943. Torturé par la Gestapo, il fut envoyé au camp de Royallieu avant d’être déporté le 14 janvier 1944 à Buchenwald. Très affaibli, il reviendra sur Paris au printemps 45.

Au camp de Royallieu, la vie s’organise. Pour unique repas : une pomme de terre bouillie, un oignon avec du gros sel, une grosse boule de pain noir et une cuillère de beurre pour les plus jeunes. Les matchs de foot « Soutanes » contre « Frente-Popular », la lutte quotidienne contre les punaises de lit et les multiples séances d’appels en plein soleil occupent ces longues journées.

La Brosse-Montceaux, le 8 août

Pendant ce temps, la Résistance n’a pas stoppé ses activités. Mais le 8 août, un accrochage a lieu entre le groupe Laissiau et la Feldgendarmerie à la ferme de la Bondue. Le lendemain, la Gestapo arrive en force, perquisitionne et arrête Marcel Severin, sa fille et les ouvriers de la ferme. Marcel subira nu durant deux jours les coups de nerf de bœuf et le baquet d’eau froide. Sa fille et ses ouvriers seront libérés au bout de trois jours.

Marcel Severin sera libéré le 17 août 1944 et sera pris en charge par son frère de Fontainebleau. Il souffrira toute sa vie des coups reçus.

Le 25 août, après deux départs manqués, ils embarquent à environ une soixantaine d’hommes par wagon en gare de Compiègne. Le voyage sera extrêmement long, une vingtaine d’heures pour les cent vingt kilomètres reliant Compiègne à Péronne en passant par Amiens. Parmi eux, Pierre-Henri Teitgen s’évadera avec Yves Bertrais, OMI, par un trou réalisé dans le toit du wagon.

Arrivés le 26 août à Flamicourt, les 400 prisonniers sont conduits dans un camp de baraques à Sainte-Radegonde pour être utilisés par l’organisation Todt au rétablissement d’un pont de chemin de fer qui enjambait le canal.

Le 29 août, le bruit des canons se fait entendre. Le lendemain, les gardiens sont tous partis à bicyclette. 

Les 1er et 2 septembre, la XIIe Armée US entre dans Péronne.

Une semaine plus tard, les premiers Oblats sont de retour à La Brosse-Montceaux.

Marcel Séverin

Yves Bertrais