Et voilà la 3ème édition de la rencontre des laïcs associés de France, organisée par « les Audacieux », vient de s’achever !
Un premier bilan à chaud : des rencontres denses, des interrogations qui nous bousculent. Difficile d’en ressortir indemnes…

Nous étions 25, laïcs et oblats rassemblés à Notre Dame de Lumières. Une troisième rencontre pour certains, une première pour d’autres. Notre petit olivier planté l’année dernière s’est rappelé à nous, il était là, chargé de boutons de fleurs. Quel beau symbole !

En ouverture, Renaud Saliba, nous a rappelé la commémoration de l’approbation, il y a 200 ans, par le pape Léon XII, des Règles et Constitutions des Oblats. Il nous a donné un éclairage particulier sur la personnalité du fondateur dans son cheminement intellectuel et personnel et de la nécessité d’un cadre pour une discipline de vie et comment ce cadre a évolué avec son temps.

Le thème de cette rencontre était lourd et léger à la fois : « Libérons-nous de nos chaînes ». Oui, mais de quelles chaînes et comment s’en libérer ?

Deux intervenants O.M.I., de qualité, Martin Kedah et Bertrand Évelin nous ont invités à cheminer avec eux à travers leurs expériences et témoignages respectifs d’aumônier diocésain de la prison des Baumettes à Marseille et de responsable de « Toit pour toi », association d’accueil et d’hébergement des migrants à
Nice.

 Martin nous a partagé son expérience auprès des prisonniers et les bienfaits de la parole et de la rencontre face aux enfermements de la peur, de la honte, de la culpabilité, des blessures du passé, des addictions, de l’exclusion.

Il nous a proposé un chemin de libération : Vérité, Pardon, Parole et Espérance et de la nécessité de garder, toujours présent à l’esprit et dans l’action, les 3 C : Confiance en Soi, confiance en Dieu et confiance en l’Autre.

Et quelle meilleure figure que celle de Nelson Mandela pour symboliser le paradoxe de la liberté ? Enfermé mais libre ; libre mais enfermé.

Son LONG chemin vers la liberté .

D'une liberté par émancipation à une liberté par participation

Bertrand, quant à lui, nous a parlé du changement de paradigme de nos sociétés et de notre rapport avec la nature, vu par deux personnalités Bruno Latour et Marcel Gauchet ainsi qu’à travers le prisme de son quotidien.

Pour Bruno Latour, c’est une invitation à redécouvrir un monde d’interdépendances. Il nous demande de redevenir « terrestres » (libéré des dieux) et conscients que notre liberté dépend entièrement de la santé des réseaux biologiques et techniques qui nous maintiennent en vie.

Pour Marcel Gauchet, l’analyse passe par la bascule d’une société hétéronome (soumise à une loi extérieure, divine) à une société autonome (qui se donne ses propres lois).

Il décrit les tensions entre les trois piliers de la modernité : le politique (la souveraineté), le droit (les libertés individuelles) et l’histoire (le progrès).

Il nous faut, en permanence, faire évoluer nos convictions et nos croyances, transformer notre croyance en Espérance, passer d’un équilibre statique en équilibre dynamique.

Chérir notre planète !

Une messe concélébrée par les Oblats et la rencontre avec des laïcs de Lumière nous ont fait comprendre, s’il en était besoin, l’importance de notre communauté spirituelle de pensée et d’action qui doit prendre de l’ampleur en s’enrichissant en permanence.

Le temps était avec nous et nous avons pu profiter des extérieurs, dans la convivialité et l’esprit de famille.

À l’incitation des frères Éric Audo et Dominique Dessolin, nous avons fait une « chasse » photographique, chacun devant saisir l’image qui lui évoquait le plus, l’enfermement.

Le lendemain, deux réflexions nous étaient proposées : l’image choisie saisie la veille portait-elle toujours la même symbolique d’enfermement et comment pouvait-t-on s’en libérer ?

Parallèlement, Anne-Yvonne proposait à chacun de choisir un dessin et d’en faire un « bref » commentaire en réunion pléniaire.

Notre communauté se veut être un lieu de libération, individuelle et collective. Nous sommes appelés à tisser des liens de « chaîne » et de trame, à la suite d’Eugène de Mazenod.

À l’année prochaine !

Les Audacieux

L’olivier planté l’an dernier pousse lentement mais sûrement…