Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Dominique Dessolin

  1. Présence en milieu artiste

Concert dans le cloître des Oblats
7 juillet : concert dansle cloître. Yann Franch : Kemener, Aldo Ripoche et Bruno Le Masson. (photo Damian Kopyto)
Dominique discute avec une personne dans le cloître
Concert dans le hall de l'hôpital d'Aix-en-Provence avec l'aumônerie des artistes
8 juillet : concert dans le hall de l'hôpital d'Aix, avec l'aumônerie des artistes (photo : Scarlette)

Et là aussi, tu essaies d'y être présent ?

Il se trouve que j'ai croisé les responsables du service pédagogique ; la responsable du service pédagogique du festival d'art lyrique habite au Tholonet, juste à côté du "Cagnard" ! Elle a croisé les Oblats au Cagnard. Du coup, on se connaît mieux et cette année, sur le bulletin officiel de la présentation de l'événement parade, ce fameux événement d'ouverture, la congrégation des Oblats et « les amis du cagnard » sont dans les partenaires officiels. Je trouve que c'est important parce que c'est une reconnaissance des liens et du travail qu'on essaie de faire en y apportant un certain d'esprit  cette année nous avons reçu tout le monde, après l'événement de la journée, pour un cocktail dans le cloître. Ont pu ainsi venir toutes les personnes qui, dans le festival, ne sont pas forcément invitées aux cocktails, les petites mains, ceux qui ont des contacts avec Marseille...

On sent que chez toi, la notion de convivialité est importante !

Il y a deux choses, je crois. Pour rencontrer les gens, il faut être sur le terrain, là où ils sont rencontrables. Toutes les petites mains qui préparent l'événement, les techniciens, les musiciens, on les accueille bien évidemment au moment du concert dans le cloître ou la chapelle, mais si on veut véritablement les rencontrer, c'est après, quand l'événement est passé. Il est alors important d'être sur le terrain, là où ils peuvent respirer après avoir donné quelque chose d'eux-mêmes. On en revient alors toujours à la question de la convivialité, pouvoir boire un verre et grignoter quelque chose dans un endroit où ils peuvent se poser. Après l'événement parade, dans le cloître il y avait plus de 450 personnes. C'était fabuleux de voir comment les gens sont restés. Ils nous ont dit: « On resterait bien encore plus longtemps. On se sent bien, on a envie de parler. » Ils se sont assis sur la pelouse et ont commencé à discuter. Ils ont été frappé par l'accueil des deux équipes, les « amis du Cagnard et les « amis de la chapelle », des gens d'âges différents qui les ont vraiment accueillis et qui se parlaient entre eux alors qu'ils avaient l'air très différent les uns des autres. « Du coup, nous a-t-on dit, nous aussi, nous avons eu envie de parler entre nous parce que le climat y était favorable! » Et je crois que c'est à cet endroit-là que l'on peut avoir une présence missionnaire, parce que la parole tombe sur un terrain favorable ; elle est entendue. On n'est pas des étrangers les uns aux autres. Du coup, une parole sur le sens, sur le fait de croire, peut venir. Et là, je crois que c'est une parole de missionnaire ! Du coup, la présence d'Eglise est repérée, est repérable, de façon positive. Du coup, quand je les croise et que je m'assois prendre un verre avec eux, cela conduit ensuite souvent à des questions sur le sens de la vie, à une écoute de leur vie et de leur cheminement. Je pense à telle responsable du service pédagogique, une femme qui était très très hostile à tout ce qui est ecclésial ; son regard sur l'Eglise a progressivement un peu changé. L'équipe officielle, en plein boum du festival, cela représente plus d'un millier de personnes. En amont, à l'année cela représente entre 35 et 40 personnes à temps plein. Auprès de ces personnes, la place de l'aumônerie des artistes est maintenant reconnue. Quand ils me croisent, ils me connaissent.

c'est un autre aspect de ton activité. Ce n'est pas simplement des artistes qui viennent à la maison, mais toi-même qui te rends présent aux milieux artistiques. Concrètement, tu organises cela comment ?

Concrètement, c'est vraiment de la disponibilité pour rencontrer les gens et aller sur le terrain là où ils sont. Être disponible pour aller manger avec eux, pour prendre un verre, se croiser sur le lieu des concerts. Je crois que le propre de la vie artistique, c'est une vie événementielle. Il faut donc pouvoir entrer dans ce « nomadisme » et, je crois, offrir un point d'ancrage. C'est là où la maison est fabuleusement située, en haut du cours Mirabeau ; on est quand même au centre-ville ! La ville d'Aix restera toujours une ville qui, culturellement, aura un certain impact.

Comme aumônier, tu es plutôt bien accueilli ?

Maintenant, oui ! Je pense qu'il y a un travail de fond à faire. Il s'agit de gagner la confiance. Mais également, il s'agit de savoir que l'on est sur le chemin avec eux, même si l'on est à des endroits différents. Quand j'ai accepté ce poste d'aumônerie des artistes, j'ai discuté avec mon prédécesseur. Il m'a dit que dans l'église, on voulait faire des choses pour l'église, en église, des événements ou des festivals « à nous ». Nous étions bien d'accord tous les deux pour dire qu'en Église, il nous faut certainement être une force de proposition, mais auparavant, il faut être une force de croisements. C'est parce que tu es force de croisement que tu peux ensuite imaginer proposer quelque chose ! On réfléchit actuellement avec un chef d'orchestre aixois pour organiser quelque chose en lien avec Marseille-Provence capitale européenne de la culture en 2013. J'ai pris contact avec l'aumônier des artistes du diocèse de Marseille pour voir ce qu'ils essaient de faire. C'est un tout début mais je pense qu'on va réaliser quelque chose. C'est intéressant de voir comment un projet de proposition se transforme en force de croisements. Le projet a fait écho chez bon nombre d'artistes vivant là à l'année. Certains ont rappelé en disant qu'ils pourraient jouer tel morceau, organiser un concert, etc. Du coup, cela ouvre forcément un dialogue sur le fait de croire, de ne pas croire. Ce chef d'orchestre me dit : « Je ne crois pas, mais offrir au public ce qui est écrit comme musique religieuse, c'est important et nécessaire, et c'est de mon devoir. » Je trouve que c'est intéressant car cela dit un homme qui est en chemin. Pour moi, il s'agit vraiment de tisser sans arrêt du réseau pour arriver à des lieux explicites. Je pense à ce que j'ai pu faire l'an dernier au moment du carême autour d'une alliance entre le travail d'un travail d'un artiste peintre et une thématique autour du chemin de la croix. Cela a abouti à une exposition qui a beaucoup touché les gens. Je crois que les œuvres, en elles-même, parlent et que, si on y allie une parole, notamment pendant les temps forts de la liturgie, alors l'Église peut être force de proposition. Mais il faut que ce soit fait à bon escient, intelligemment.

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