Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Notre mission

portrait de Mario Brandi

Pour ce topo, Mario Brandi s'est inspirée d’une conférence du P. Rohan Silva, omi



« Quel vaste champ à parcourir ! Quelle noble et sainte entreprise » (Préface des CC/RR). Le rêve de St Eugène de Mazenod qui apparaît dans la préface de nos Constitutions et Règles, continue à travers ses Fils depuis 200 ans, dans les différentes parties du monde à travers routes et sentiers selon le temps et l’espace.

le pape François

L’Exhortation Apostolique du pape François, Evangelii Gaudium, nous rappelle que l’Eglise existe pour évangéliser, pour porter la bonne nouvelle de l’Evangile à tous, mais plus spécialement aux plus exclus et aux plus vulnérables. Par conséquent, comme des humbles servants des plus abandonnés, nous ne devons ménager aucun effort dans la recherche de nouveaux moyens pour répondre aux nouveaux besoins ; et devenir ainsi des architectes de la nouvelle manière de la proclamation de l’Evangile aux pauvres au prix de sacrifier notre vie pour eux.

Nos Constitutions nous rappellent que nous sommes des hommes « mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu. Des hommes prêts à tout quitter pour être disciples de Jésus. Et pour être ses coopérateurs, ils doivent le connaître plus intimement, s’identifier à lui, le laisser vivre en eux. S’efforçant de le reproduire dans leur vie, ils se veulent obéissants au Père, même jusqu’à la mort, et se mettent au service du peuple de Dieu avec un amour désintéressé. Leur zèle apostolique est soutenu par le don sans réserve de leur oblation, une oblation sans cesse renouvelée dans les exigences de leur mission. » (C 2).

Trois domaines (défis) demandent tout particulièrement notre attention :


Aller vers les périphéries existentielles, où les pauvres se trouvent
(où les nouveaux pauvres se trouvent)

Dans sa lettre apostolique à tous les Consacrés à l’occasion de l’année de la Vie Consacrée, le pape François a lancé un appel : « Je vous demande de sortir de vous-mêmes pour aller aux périphéries existentielles ». « Allez partout dans le monde » a été la dernière parole que Jésus a adressée aux siens, et qu’il continue d’adresser aujourd’hui à nous tous (cf. Mc 16,15).Dans Evangelii gaudium il a étendu la liste : « les sans-abris, les toxicodépendants, les réfugiés, les populations indigènes, les migrants, les victimes des nouvelles formes de traite, les femmes doublement pauvres qui souffrent des situations d’exclusion, de maltraitance et de violence, les enfants à naître » (EG 209-214).

Dans la parabole du Bon Samaritain, ce qui n’a pas été dit est aussi important que ce qui a été dit. Par exemple, le Bon Samaritain ne s’est pas soucié de savoir si celui qui a été abandonné au bord de la route était un Juif ou un non-Juif. Il ne s’est pas préoccupé de savoir à quel groupe ethnique il appartenait, quelle langue il parle, à quelle confession religieuse il appartient, quelle est sa profession, s’il est marié ou non, etc. Tout ce qui comptait pour lui, c’est que cet homme avait besoin de l’aide. Venir en aide à un être humain est une question humaine et non de loi. Le prêtre et le lévite connaissent le livre, mais le Samaritain connaît les besoins humains./p>

Pour prendre à cœur ce défi, nous devons nous préoccuper des personnes souffrantes et partager leur souffrance. C’est le défi de la compassion et de la miséricorde.

  • La compassion est basée sur un besoin et non sur la valeur du destinataire.
  • La compassion pousse à faire toujours quelque chose.
  • La compassion a aussi un coût à payer.

Nous pouvons faire de l’Eglise un vaste Hôpital de camp comme le désire le pape François.

Le pape François poursuit dans sa lettre apostolique aux Consacrés en les mettant au défi : « Ne vous repliez pas sur vous-mêmes, ne vous laissez pas asphyxier par les petites disputes de maison, ne restez pas prisonniers de vos problèmes. Ils se résoudront si vous allez dehors aider les autres à résoudre leurs problèmes et annoncer la bonne nouvelle. Vous trouverez la vie en donnant la vie, l’espérance en donnant l’espérance, l’amour en aimant. J’attends de vous des gestes concrets d’accueil des réfugiés, de proximité aux pauvres, de créativité dans la catéchèse, dans l’annonce de l’Évangile, dans l’initiation à la vie de prière. Par conséquent, je souhaite l’allègement des structures, la réutilisation des grandes maisons en faveur d’œuvres répondant davantage aux exigences actuelles de l’évangélisation et de la charité, l’adaptation des œuvres aux nouveaux besoins. » (21 Novembre 2014, N° 4).

Rappelons-nous que les nouveaux besoins exigent de nouveaux moyens. Quelle est notre réponse, localement et globalement ?


Défi dans l’exercice de notre Ministère Prophétique

La C.9 nous dit : « membres de l’Eglise prophétique, les Oblats doivent être témoins de la justice et de la sainteté de Dieu, tout en reconnaissant leur propre besoin de conversion. Ils annoncent la présence libératrice du Christ et le monde nouveau, né de sa résurrection. Ils entendent et font entendre la clameur des sans-voix, appel au Dieu qui renverse les puissants de leurs trônes et qui élève les humbles (Cf. Luc 1, 52). »

Le pape François a encouragé les religieux à réveiller le monde : « J’attends que « vous réveilliez le monde », parce que la note qui caractérise la vie consacrée est la prophétie ». Voilà la priorité qui est à présent réclamée : « être des prophètes qui témoignent comment Jésus a vécu sur cette terre… ».

  • Les prophètes reçoivent de Dieu la capacité d’examiner le temps dans lequel ils vivent et d’interpréter les évènements de ce temps.
  • Les prophètes sont capables de discerner et de dénoncer les maux et les injustices.
  • Les prophètes se situent du côté des pauvres et des impuissants parce qu’ils savent que Dieu lui-même est de leur côté.

Le pape François nous interpelle à élever nos voix et à nous joindre à lui pour dénoncer le mal, à nous poser la question pourquoi sont-ils pauvres et dénoncer le système qui perpétue la « pauvreté ».

  • Non à une économie d’exclusion et d’inégalité :

« Une telle économie tue. Il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. » (EG 53). « Certains défendent encore les théories de la “rechute favorable”… Cette opinion, qui n’a jamais été confirmée par les faits…" (EG 54).

  • Non à l’idolâtrie de l’argent :

« L’adoration de l’antique veau d’or (cf. Ex 32, 1-35) a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans l’idolâtrie de l’argent. »(EG 55).

  • Non au système financier qui règne au lieu de servir :

« Derrière ce comportement se cachent le refus de l’éthique et le refus de Dieu »(EG 57).

  • Non à l’inégalité qui engendre la violence :

« Quand la société – locale, nationale ou mondiale – abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même, il n’y a ni programmes politiques, ni forces de l’ordre ou d’intelligence qui puissent assurer sans fin la tranquillité ».(EG 59-60).

  • Non à l’égoïsme et à la paresse spirituelle :

« Quand nous avons davantage besoin d’un dynamisme missionnaire qui apporte sel et lumière au monde, beaucoup craignent qu’on leur demande un engagement qui pourrait leur ôter leur temps libre. Certaines personnes font de la résistance pour éprouver jusqu’au bout le goût de la mission et restent enveloppées dans une acédie paralysante » (EG 81).

  • Non au pessimisme stérile :

« Les maux de notre monde – et ceux de l’Église – ne devraient pas être des excuses pour réduire notre engagement et notre ferveur. Prenons-les comme des défis pour croître. » (EG 84). « Celui qui commence sans confiance a perdu d’avance la moitié de la bataille et enfouit ses talents. Même si c’est avec une douloureuse prise de conscience de ses propres limites, il faut avancer sans se tenir pour battu, et se rappeler ce qu’a dit le Seigneur à saint Paul : « Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9) ». (EG 85).

  • Non à l’esprit du monde :

« Chez certaines personnes, on note un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine et du prestige de l’Église, mais sans que la réelle insertion de l’Évangile dans le Peuple de Dieu et dans les besoins concrets de l’histoire ne les préoccupe. » (EG 95).

  • Non aux conflits entre nous :

« Cela me fait très mal de voir comment, dans certaines communautés chrétiennes, et même entre personnes consacrées, on donne de la place à diverses formes de haine, de division, de calomnie, de diffamation, de vengeance, de jalousie, de désir d’imposer ses propres idées à n’importe quel prix. Qui voulons-nous évangéliser avec de tels comportements ? » (EG 100). « Demandons au Seigneur de nous faire comprendre la loi de l’amour… Prier pour la personne contre laquelle nous sommes irrités, c’est un beau pas vers l’amour, et c’est un acte d’évangélisation. » (EG 101).

Tout en dénonçant les structures existantes qui ferment les oreilles aux cris des pauvres, le pape François nous invite à continuer notre mission de répandre la bonne Nouvelle, sans perdre la joie, l’audace et notre dévouement plein d’espérance. (EG 109). Le pape nous invite à « retrouver la fraîcheur de l’Evangile », « des nouvelles voies de créativité, sans enfermer Jésus dans nos 'catégories sans éclat'».

Il préfère une Eglise meurtrie, blessée et sale parce qu’elle a été dans les rues au lieu d’une Eglise qui cherche à être au centre et qui finit par être prise par une toile d’obsessions et de procédures.


Quatre principes structurants

En vue de la construction d’une société « de paix, de justice et de fraternité », le pape fait allusion à quatre principes :

  • a) « Le temps est plus grand que l’espace » :

ce qui signifie travailler lentement mais sûrement, sans être obsédé par des résultats immédiats.

  • b) « L’unité l’emporte sur le conflit » :

ce qui signifie une diversité qui donne accès à une unité de vie.

  • c) « Les Réalités sont plus importantes que les idées » :

ce qui signifie d’éviter une certaine réduction de la politique ou de la foi à la rhétorique.

  • d) « Le tout est plus grand la partie » :

ce qui signifie le rassemblement, la globalisation et la localisation (EG 222-236).

L’Evangélisation implique également le dialogue qui interpelle l’Eglise à l’écoute et à l’apprentissage. (EG 238).

  • Dialogue avec tous les domaines politique, social, religieux et culturel.
  • Dialogue œcuménique et interreligieux
  • Dialogue entre la foi, la raison et la science


Marie est la « Mère de l’Evangélisation ». (EG 284)

Lorsque nous nous tournons vers Marie, nous comprenons davantage la nature révolutionnaire de l’amour et de la tendresse. En tant que personnes engagées pour l’évangélisation des pauvres, nous sommes concrètement interpellés à contribuer à la transformation de notre société, en devenant non seulement la voix des sans-voix mais en étant surtout la voix avec les sans-voix. « Nous devons aider les hommes à travailler à se rendre raisonnables, puis chrétiens, enfin les aider à devenir des saints » (Préface des CC/RR). Que Saint Eugène nous inspire !

Mario Brandi

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