Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Marc Guiziou (1922-2018)

Marc et sa famille le jour de son ordination
Marc et sa famille le jour de son ordination

Notre frère Marc Guiziou est né à Treffiagat, au diocèse de Quimper, le 14 octobre 1922, de René Guiziou et Marie-Louise Lelay. Il est né dans une famille chrétienne et sur une terre missionnaire : de tous les diocèses de l'Ouest c'est de Quimper que sont venues les plus nombreuses vocations oblates.

Son entrée à l'école apostolique de Pontmain le 15 janvier 1938, à 16 ans, nous montre le choix qu'il a fait de la vie religieuse et missionnaire. Il ne quittera Pontmain que le 8 septembre 1942 : en effet à la fin de ses humanités il y restera pour faire son noviciat. Le 17 février 1946, il prononce ses vœux perpétuels à la Brosse Montceaux et il est ordonné prêtre le 29 février 1948. Au jour de son départ il aurait eu 70 ans de sacerdoce.

Comme tous ses confrères les missionnaires de Marie Immaculée, il a été un missionnaire, mais à sa manière qui n'a pas été celle que nous attendons pour un missionnaire. En effet, facilement nous pensons que pour être missionnaire il faut aller au-delà des frontières... oubliant que chaque chrétien doit être missionnaire là où il est envoyé par le Seigneur. Je ne sais si Marc a eu le désir de partir en mission à l'extérieur. La réalité c'est qu'il est resté en France, d'abord à Solignac pour y être professeur de liturgie de 1948 à 1966, soit pendant 18 ans, puis à Pontmain pendant 50 ans, de 1967 à 2018. Et chacune de ces missions, il les a vécues en vrai missionnaire.

SOLIGNAC (1948-1966). Célébrer l'office divin ainsi que chacun des sacrements, est une part importante de la vie de tout pasteur. Et cela ne s'improvise pas. La première mission qui lui a été confiée a été de nous initier à la liturgie. La Constitution sur la sainte liturgie a été le premier texte voté par le Concile. Et ce texte, d'entrée, nous rappelle trois réalités importantes: 1- la liturgie n'épuise pas toute l'activité de l'Eglise. 2- Toutefois la liturgie est le sommet vers lequel tend l'action de l'Eglise et enfin, 3- en même temps la liturgie est la source d'où découle toute sa vertu. D'où l'invitation qui est faite aux pasteurs de ne pas se contenter d'être fidèles aux rites mais bien plutôt à ce que les fidèles participent à la liturgie de façon consciente, active et fructueuse. C'est la mission qu'il a reçue et nous lui devons une grande reconnaissance de s'y être investi pendant une période si longue.

Marc récemment à Pontmain

PONTMAIN (1967-2018) Là, il a été missionnaire tout autrement. Le provincial de cette époque, le père Georges Laudin l'y envoie pour assurer l'animation du Centre Jean XXIII. Ce centre existait déjà. Et jusqu'à cette date son animation était assurée par les chapelains de la Basilique qui étaient des prêtres diocésains. En septembre 1967, le diocèse prend la décision d'en confier l'animation aux Oblats. Durant la 1ère année, Marc se contentera d'assurer les engagements déjà pris par les chapelains : retraites et réunions avec différents mouvements de laïcs. 1968 : les Petites Sœurs des Pauvres de toute la région Ouest viennent à Pontmain pour faire leur retraite annuelle. En 1970 germe l'idée d'organiser des retraites pour les religieuses. 1971 : célébrations pour le 1er centenaire de l'apparition. La messe télévisée se fait à Pontmain : cela fait connaître le pèlerinage et le centre Jean XXIII. En 1971 et en 1973: rassemblements d'anciens junioristes. 1975-1986 furent les années fastes pour le centre. Certaines années, il y eut jusqu'à 12 retraites pour les religieuses, certaines comptant jusqu'à 70 participantes. Il y avait aussi les retraites pour les professions de foi et toujours les rencontres avec les différents mouvements de laïcs. Puis sur l'initiative du père André Besnier, aumônier de la maison de retraite, et en lien avec le service incroyance et foi, se mirent en place "les journées de réflexion chrétienne". Elles avaient lieu 6 dimanches par an et avaient pour thème des sujets divers et très actuels. Par exemple: renouveau des communautés, œcuménisme, bioéthique (déjà), dialogue interreligieux... et pour les traiter il était fait appel à des spécialistes. Ces journées ont rassemblé de 120 à 200 personnes.

Dans ce travail, dont il a été la cheville ouvrière pendant de longues années, Marc a pu bénéficier de la collaboration des chapelains, de la proximité du pèlerinage, du passage de nombreux pèlerins et du travail des missionnaires oblats, ses confrères, rayonnant dans tout l'Ouest pour des missions paroissiales, des retraites... sans oublier un atout non négligeable : le parc, très propice au silence, à la méditation et au repos.

Marc a toujours été très apprécié. Il était estimé pour sa discrétion et son accueil chaleureux. Et il était pourvu d'une mémoire phénoménale : des religieuses, il en a rencontrées! Jusqu'à la fin de sa vie, il savait toujours reconnaître et mettre un nom sur chacune des sœurs qui venaient le saluer lors de leur passage à Pontmain... Aujourd'hui, c'est mission accomplie. Ceux qui aujourd'hui continuent son œuvre le supplient de veiller sur eux et de les accompagner, pour que ce travail d'accompagnement et de formation continue.

Sa fin a été difficile. Il n'avait plus qu'une aspiration : partir. Cela lui fut accordé dans la nuit du 27 au 28 février. Désormais son corps reposera dans le cimetière de la communauté. Il va demeurer à jamais dans une maison où il aura passé 55 ans de sa vie, plus de la moitié de sa vie puisqu'il nous quitte dans sa 96ème année. Bon et fidèle serviteur entre dans la joie de ton Maître.

Père Bernard NOYER, omi

Ce qui est dit de son ministère à Pontmain vient d'un témoignage écrit de Marc lui-même.

Témoignage

Cher Tonton Marc

Aussi longtemps que je me rappelle de toi, il faut remonter au jour de ta première messe à Tréffiagat, je me souviens de tes beaux ornements. Alors que la messe se déroule, je me souviens également avoir franchi toutes les barrières de l'époque pour monter à l'autel, simplement pour t'indiquer la façon de faire car du haut de mes 2 ans je trouvais que tu t'y prenais mal... Tu t'en souvenais aussi bien que moi pour en avoir souvent parlé. Il y a des choses comme ça qui restent.

Dans les choses qui restent, il y a également notre fierté d'avoir un tonton Oblat de Marie dont la foi était chevillée au corps, guidé par Marie à laquelle l'Oblat que tu étais avait tout donné sans jamais faillir. C'était pour toi et pour nous tous une éternelle richesse.

De ce qu'il reste, c'est aussi un tonton d'une très grande rigueur intellectuelle venue de ton temps de professorat, qui faisait de toi celui qui avait toujours le mot juste pour expliquer l'inexplicable, tant les subtilités de la théologie nous échappaient souvent, trop souvent sans doute. Avec toi tout devenait simple et clair.

Il restera de toi, sous tes droitures d'Oblat, une très grande ouverture d'esprit à laquelle, bien évidemment, on ne s'attendait pas dans des temps plus anciens. Depuis des décennies on allait de surprises en surprises au fil de conversations qui allaient comme on dit au fil de l'eau. Pour tout dire parfois ça déroutait un peu mais le temps nous aidant, ta clairvoyance et ton esprit de tolérance étaient aussi au nombre de tes grandes qualités que tout un chacun n'a peut-être pas toujours saisi à sa juste valeur.

Je me souviens aussi de tes vacances d'été, de la plage de Léhan et de l'éternelle question de notre grand-mère alors que tu n'avais pas encore posé ta valise : quand tu repars ? et de ton éternelle réponse : je ne sais pas ! Parfois Yvon L'Hénoret t'accompagnait... si et seulement si il avait bien appris sa leçon ce qui devait être le cas puisque chaque fois qu'il pouvait, il te suivait. Aussi, te voir venir prendre le café à quatre heures, était un cérémonial auquel nous participions avec beaucoup de joie. Là encore tu étais notre tonton Marc.

Tu étais le plus jeune des Guiziou. Tes parents et tes sœurs avaient pour toi une grande admiration pleinement justifiée et ton départ, qui n'est que regrets pour nous, a le grand avantage de vous réunir comme vous l'étiez à Kerleguer voici presque 100 ans.

Eur vec'h all Tad e lec'h aIl.

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