Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Pierre Mercier (1921-2018)

Pierre Mercier, à droite,et deux
confrères oblats, dans les années 50

Pierre Mercier a été élève au juniorat de Sainte Foy les Lyon. Il entre alors au noviciat qu'il fait de 1937 à 1938 à Bon Secours avant de suivre ses études au scolasticat à ND de Lumières. Il prononce ses voeux perpétuels en 1942 et est ordonné prêtre en 1944.

Son premier envoi en mission va être dans la Province du midi. Il y sera enseignant durant une vingtaine d'années, à « la Franco » (Ste Foy-lès-Lyon) et au petit séminaire d’Ajaccio. Durant cette période, , il a également été aumônier militaire en Algérie, pendant les vacances scolaires, puis durant les deux dernières années de guerre, de 60 à 62.

Après cette période, Pierre a exercé divers ministères dans le midi : Nice, Brignoles. Il a notamment été aumônier du monastère des Clarisses à Montbrison pendant presque 22 ans : service des Sœurs, aide à la paroisse : messes dominicales, obsèques, accueil spirituel (confessions) préparation de la 1ère confession.

Pierre a laissé quelques papiers qui nous laissent deviner son cheminement intérieur. Extraits :



« Quelques grâces qui m’ont marqué et dont je remercie le Seigneur :

Pendant mon juniorat, j’ai beaucoup souffert (souffrances d’enfant et de jeune adolescent) ; j’ai étouffé. Je reconnais cependant le dévouement des Pères et des Frères. A la réflexion, maintenant, je reconnais avoir tout fait pour en sortir et je connais que le Seigneur a tout fait pour m’y maintenir pour mon bien. Je tremble à la pensée de ce que je serais devenu si…

Pierre Mercier (à droite)
et Antonin Philip

Autre grande grâce : dès ma première heure de présence au noviciat : je me suis senti conquis : plus de surveillants postés aux quatre coins de la maison, je me suis senti traité en adulte : libre de rester, libre de partir. J’ai échappé légalement et je ne crains pas d’ajouter miraculeusement au STO (départ en Allemagne) Mes compagnons oblats ont fini à Berlin.

Découverte de l’oraison après environ 50 ans de sacerdoce, je le dis à ma honte !

- d’abord grâce à un cours d’oraison par correspondance, organisé par le P. Henri Caffarel. Ce cours m’a été pénible p.c.q. très intellectuel, mais j’y ai gagné de m’adonner à l’oraison une demi heure par jour comme je m’y étais engagé (on pouvait s’engager pour un quart d’heure ou une heure ou plus).

- grâce surtout aux écrits de Sainte Thérèse d’Avila : j’ai compris que l’oraison n’était pas quelque chose de cérébral, d’intellectuel, mais essentiellement quelque chose d’affectif où l’intellect avait sa place, mais surtout le cœur. Dès lors, l’horaire d’oraison (Const. 33 : suivant leur tradition, les Oblats consacrent 1 heure par jour à l’Oraison)… n’était plus un exercice, mais devenait un besoin, une joie

- grâce d’assurance qui a fondu sur moi, au dernier moment, lors de mon sermon scolaire au Scolasticat.

Rencontre du Renouveau Charismatique. Dès ma première retraite avec le Renouveau, à Paray le Monial en 80, j’ai été profondément touché, bouleversé, comme jamais je ne l’avais été. Cela m’a plus marqué que l’ordination sacerdotale. Il est vrai que l’animateur était un homme remarquable, un marianiste, Raymond Halter.

Pierre Mercier (à gauche)
et Joseph Chaudier

Mes presque 22 ans d’aumônerie auprès des Sœurs Clarisses de Montbrison, temps pour prier, pour lire (étudier), pour aider au service paroissial (messes dominicales dans les environs, obsèques) confessions, entretiens spirituels.

Autre grâce : pendant environ 35 ans, je me suis constitué peu à peu une anthologie, un florilège de textes scripturaires de l’AT et surtout du Nouveau, textes qui parlaient particulièrement, textes appris par cœur et répétés à longueur d’année au moment du coucher et pendant les insomnies nocturnes. Avantages : faire travailler la mémoire, faire surgir tel ou tel texte lors de l’oraison ou de la préparation des homélies, meubler l’esprit pendant les insomnies.

TROIS SUJETS D’EDIFICATION :

Pendant un séjour en Algérie, lors de la guerre : dans un camp où stationnait une compagnie avec un capitaine, un vétérinaire chargé des chiens, visitait des malades (des arabes dans un village regroupé) : ses chiens avaient tout et les malades rien. Alors il distribuait piqûres et remèdes en surplus. Il m’avait invité à l’accompagner. Dans le gourbi, le malade étendu sur la terre nue et à l’opposé, une chèvre et je crois une poule.

Ailleurs où était stationné un effectif important de légionnaires, pendant la Semaine Sainte, l’aumônier Mayeul de Lupé (neveu) avait lavé les pieds de 8 légionnaires volontaires.

Dans les environs de Montbrison, le P. Poupon logeait dans le presbytère attenant avec sa vielle gouvernante. Conversation : ‘Vous trouvez le temps de faire oraison ? Oui, dans l’église. Couvert d’une pèlerine, je marche, au moins deux heures.

Contact Hébergeur : Arsys © Missionnaires oblats de Marie Immaculée - Province de France - 2013