Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Louis Marie Chrétien (1929-2017)

portrait de Louis Marie Chrétien, souriant

Le premier juin, le P. Louis Marie Chrétien nous arrivait de Strasbourg. Il a donc passé à peine trois mois et demi parmi nous. Peu à peu il s’est habitué, il nous reconnaissait, il était heureux de nous tendre la main pour nous saluer. Il aurait voulu parler mais son corps n’obéissait plus. Il semblait toujours content sur son fauteuil roulant. Et puis il y a quinze jours, sa situation s’est détériorée, le personnel ne le levait plus, il toussait davantage. La vie commençait à se retirer sur la pointe des pieds, jusqu’à ce 17 septembre où elle l’a quitté pour de bon !

La première fois que j’ai rencontré Louis ce fut lors du jubilé des 50 ans d’ordination du P. Gilbert Tritschler. Il était venu à Neunkirch pour la fête. Le P. Tritschler a été curé de Tremblecourt son village natal pendant la guerre et il nous parlait avec admiration de la famille Chrétien. La Province de l’Est avait alors son scolasticat à Burthecourt et c’est ainsi que pendant la guerre, les Oblats ont desservi les paroisses environnantes. Dès 1945, notre Louis est à Pontmain, suivra le noviciat, de 1950 à 1951, à La Brosse-Montceaux, les vœux perpétuels le jour de la Saint Michel en 1954, à Solignac, l’ordination à Solignac également, en juillet 56, et le départ pour Haïti fin octobre 57.


Le jeune Louis Marie bénit ses parents, le jour de son ordination à Solignac

Il restera quarante deux ans à Haïti comme vicaire et curé. Au début ses séjours sont brefs et il change souvent de paroisse. Par la suite ses séjours sont plus longs : trois ans à Mont-Organisé et quatre ans à Port-à-Piment et surtout, quinze ans, de 1967 à 1982 à Marceline. Il change alors de travail et, de 1982 à 1986, il va seconder le P. Jacques Keyser, Hollandais, qui avait monté un centre catéchétique. Il passera alors une année en France, de juin 86 à septembre 87. A son retour, il reprend son ministère dans les paroisses, avec une interruption de six ans comme aumônier des Sœurs de Béraud. Nous sommes alors bien près de son départ définitif d’Haïti, le 14 août 1999. Le P. Loudeger Mazile, Provincial actuel d’Haïti, dit de lui « qu’il laisse le souvenir d’un serviteur ordinaire qui n’a fait que son devoir ».

Il quitte Haïti, mais ne rentre pas tout de suite en France. Dès 1999, on le retrouve en Guyane pour deux ans, jusqu’en 2001. Il faut savoir que beaucoup d’Haïtiens vont alors travailler en Guyane, et qu’il était intéressant pour Louis, citoyen français, d’aller les rejoindre sur ce nouveau terrain. Les Oblats haïtiens ont d’ailleurs continué et beaucoup développé ce ministère.

En 2002, il a 73 ans. Commence alors la dernière période de sa vie. Il passera quelques longs séjours en famille, ensuite, de septembre 2004 à juin 2008, il est aumônier au Manoir Notre Dame, dans le Val d’Oise. Son dernier ministère ce sera une année à Tremblecourt, son pays d’origine, de juin 2008 à septembre 2009. Il rejoindra ensuite les communautés oblates, Strasbourg en particulier et, en tout dernier, l’Ehpad St François d’Assise.

Ce ‘serviteur ordinaire’ qui aura fidèlement rempli sa tâche pendant toutes ces années, a trouvé son port d’attache, où il est dit que le Maître ceint lui-même le tablier et passe à table pour servir. Nous pouvons imaginer cette scène où Louis, tout confus, dira, en regardant le Maître qui lui présente les plats : « c’est pas possible, c’est pas possible ! Merci ! Merci »

… je terminais cette notice quand m'est arrivé le message d'Albert Littner : « Je suis en retraite dans une abbaye cistercienne... union de cœur et de prière avec vous et la famille autour de Louis. A Strasbourg j'ai connu Louis ces deux dernières années où la maladie a commencé à le miner, l'affaiblir. Missionnaire, fidèle à la messe, à l'office communautaire. Tant que ses jambes pouvaient le porter il ne voulait pas prendre l'ascenseur, mais se forçait à grimper les marches d'escalier. En évoquant l'éventualité de devoir rejoindre une maison de retraite proche de ses frères, au lieu de Lyon, il m'a dit qu'il est Oblat avant d'être Chrétien ! Il a toujours aimé porter sa petite croix oblate. Que brille sur lui la lumière de son Seigneur et Sauveur et que Marie notre mère l'accueille avec tendresse. »

Jean-Pierre Caloz

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