Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

René Charrier (1924-2017)

portrait de René Charrier

C’est à Haute-Goulaine en Loire Atlantique que tu es né le 8 octobre 1924. La famille Charrier est originaire de Falleron, un petit village de Vendée. Tu as peu connu ton père car il est décédé alors que tu n’avais que 5 ans. Tes deux sœurs Marie et Simone avaient respectivement 8 et 6 ans. Alors suivent des années difficiles pour la famille.

Je ne sais pas grand-chose de mon père, disais-tu. Ce que je sais, c’est ce que j’ai entendu plus tard de l’un ou de l’autre. Je ne pouvais pas savoir beaucoup de choses sur lui parce que, dès sa mort ou quelques années après, j’ai été coupé, séparé de ma mère, de mes sœurs.

Tu diras aussi : « La belle vie familiale prometteuse, hélas, ne dura pas longtemps… J’ai connu surtout Tonton Jean-Marie Charrier, un frère de mon père, qui était notre tuteur légal. Malheureusement, il n’était pas très bavard et je ne l’ai pas rencontré souvent. Nous étions loin de notre famille paternelle de Vendée mais aussi de nos oncles et tantes maternels de St Sébastien et Vertou ».

Ta maman ne pouvant assumer les difficultés financières se voit contrainte de nous placer en orphelinat. Tu écriras : « Pauvre maman ! Avec trois enfants à charge sans maison à elle, sans métier, sans allocations familiales… l’avenir était plutôt sombre ».

A l’orphelinat St Pierre de Nantes tu suis tes premières études primaires encadré par des religieuses. C’est ainsi que commence ton entrée précoce dans le milieu religieux. Les vacances pour rencontrer la famille seront de courte durée et tu souffriras du manque d’affection.

Puis comme sur des rails, disais-tu souvent, tu poursuivras tes études au séminaire à Chartres et tu continueras à Pontmain chez les Oblats de Marie Immaculée. Tu seras ordonné prêtre à Solignac, près de Limoges, en 1950. Ton plus grand désir c’était d’être missionnaire. Tu seras exaucé deux ans plus tard et, en novembre 1952, tu pars au Laos.


René Charrier au Laos
au début des années 70

De 1952 à 1987, tu es loin de tous. Tu envoies des nouvelles régulièrement : ta vie dans les montagnes du Nord-Laos ou en Guyane est tellement différente de la nôtre. Nous avions envie de mieux te connaître. Nous étions toujours en attente de tes nombreuses aventures au Laos.

A ton retour en France tu as voulu aller à la rencontre de tous les membres de la famille, ceux que tu avais brièvement connus et les nouveaux. Que de voyages pour les rencontrer en Loire Atlantique, en Vendée ou dans le Lot et Garonne, à Marmande ! Avec tes deux sœurs, chaque année, c’était aussi le temps des vacances et des rencontres : Pénerf, l’Auvergne, le Croisic, Nantes, Touvois, La Baule, St Philbert, St Julien de Concelles, Vertou, Falleron La Pommeraye, Bourges, Lyon, Strasbourg, Orléans et plus… La famille est grande et tu voulais donner un signe d’amitié à tous …Tu étais infatigable pour aller à leur rencontre. A chaque appel d’un des membres de la famille tu répondais : présent !, pour un baptême, un mariage, une sépulture, mais aussi pour Noël ou simplement un repas en famille …et aussi …, ce fut la dernière et grande rencontre, pour la dédicace de ton livre Merci René pour la joie partagée lors de ces belles cérémonies religieuses ou non inoubliables qui resteront gravées dans la mémoire de tous.

Tu aimais être entouré d’enfants et de jeunes ! Tu aimais l’animation, le bruit même : la joie des enfants te rendait particulièrement heureux. Tu disais parfois avec une certaine nostalgie : Comme ils ont de la chance ! Parents comprenez cela !

Quel bonheur c’était de préparer avec toi une messe de mariage, particulièrement à Noirmoutier au son de la guitare avec tous ces jeunes qui reprenaient les cantiques en chœur ! Merci pour ta présence bienveillante dans nos réunions de famille.

Tu n’aimais pas les grands discours, tu restais humble parmi nous, répondant gentiment et patiemment à nos questions. Tu répétais souvent que l’exemple valait mieux que les paroles vaines. N’as-tu pas gardé sous silence, cette attribution reçue du Président de la République le 12 décembre 1978 alors que tu étais Directeur d’un centre d’hébergement en Guyane : Chevalier de l’Ordre National du Mérite. Il est vrai que ton travail en Guyane a été remarquable.

Merci Père René pour ton courage. Au mois de décembre 2016, tu es rentré à la Maison du Bon Pasteur. Depuis, ta santé s’est dégradée, tes forces se sont échappées et tu as senti la mort s’approcher. Tu t’es réfugié dans la prière. Tu priais en langue hmong parfois, ta pensée toujours près de ceux à qui tu as consacré ta vie. Aujourd’hui, ta famille de cœur, le peuple hmong, est rassemblée autour de toi pour te dire au revoir.

Comme tu étais heureux de regarder le déroulement des cérémonies organisées en l’honneur du Père Mario Borzaga avec Xaiv Tsom Paul Yang Cho, il n’y a que quelques jours seulement. Sans doute, ton plus cher désir était de retrouver le Père Borzaga qui t’a remplacé à Kiu Katiam, son catéchiste Tho Xiong et tous les martyrs du Laos.

Jusqu’au bout nous avons partagé l’eucharistie ensemble avec les autres prêtres âgés de la Maison du « Bon Pasteur ».

Merci Père René, grâce à Dieu, pour ces derniers échanges à quelques heures de ton grand départ. Tu étais prêt pour retrouver tes sœurs Simone et Marie. A leur évocation, tu semblais nous sourire malgré la souffrance de l’approche de la mort. Ces derniers instants resteront pour nous une récompense divine.

Père René tu as été un fidèle serviteur, partage la vie de Dieu que tu as servi, vis avec tes parents, tes sœurs et tous ceux que tu as aimés.

Mais pense beaucoup à nous tous, aide-nous pour que nous soyons des disciples de Jésus, fidèles à son Evangile. Nous essaierons de ne pas oublier ton exemple.

A Dieu, René !

Marie-Paule et Henri

Contact Hébergeur : Arsys © Missionnaires oblats de Marie Immaculée - Province de France - 2013