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Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Bernard Lavoine (1927-2017)

portrait de Bernard Lavoine

Bernard est né le 22 mai 1927 à St Etienne au Mont (62) dans le Pas de Calais. Il manifeste son désir d'entrer chez les missionnaires oblats en venant au juniorat de Pontmain le 23.septembre 1943. Il a alors 16 ans. Il y sera de la troisième à la terminale. En 1947, il entre au noviciat la Brosse (77) où il prononce ses premiers vœux en septembre 1948. Et c'est l'entrée à Solignac (87) où il restera jusqu'en 1954. Deux événements vont marquer son séjour à Solignac : d'abord ses vœux perpétuels célébrés à N.D. de Sauvagnac (87) le 5 juillet 1953. Puis son ordination sacerdotale à Solignac le 5 juillet 1953. Notons que Bernard avait une belle voix. Il faisait partie de la chorale du scolasticat. De cette voix nous avons pu encore entendre les accents, à table, dans les dernières semaines de sa vie.

1954 marque le début de sa vie missionnaire. Missionnaire, c'est en France qu'il le sera. Tout commence par ce que j’appellerais des « petits boulots », sans aucune annotation péjorative. Mais simplement pour signifier que pendant les vingt premières années de son ministère, il comptera 5 obédiences différentes : Pontmain de 1954 à 1957, Neuvizy de 1957 à 1958, Angers de 1958 à 1967, Fontenay-sous-Bois de 1963 à 1967 et Notre Dame de Belle Combe de 1968 à 1973. C’est que Bernard est arrivé dans la Province au moment où celle-ci allait subir une véritable métamorphose. Au début de sa vie missionnaire, c'est encore la période faste des missions paroissiales, puis régionales. Mais en 1967 c’est la fin de ce qui faisait la spécificité des Oblats. Et alors chacun est invité à se trouver lui- même « sa mission ». Bernard était alors à Fontenay-sous-Bois. Il part alors à Notre Dame de Bellecombe où il vivra de 1968 à 1973.

portrait de Bernard Lavoine
Au scolasticat de Solignac en 53

Ce séjour à Notre Dame de Bellecombe marquera le grand tournant de sa vie. En 1969 se tient à Notre Dame de Sion une assemblée de Province où les Oblats décident de se faire plus proches des gens. Cet appel, il l’entend et va l’accomplir à sa manière. Il sera curé de paroisse, mais pas que curé. Pour être au plus proche des gens il sera aussi leur facteur et exercera l'un ou l'autre métier pour rendre service aux gens. Cette proximité, il l'aura aussi exercée en participant à la pastorale des plages pendant les semaines d'été et comme accompagnateur de pèlerinages en Terre Sainte. Et quand il va quitter Notre Dame de Bellecombe, ce sera maintenant pour s'enraciner, durer quelque part. D'abord en Seine-et-Marne, pendant 15 ans, de 1973 à 1988, et surtout à Argonay (74), en Haute-Savoie. Il vivra là-bas de 1988 à 2012, soit 24 ans. Avec la charge de la paroisse, il consacrera une grande partie de son temps au service des malades et des personnels de santé. Car le sort des malades et le sort de leurs soignants sont liés. Mais ce sera un ministère hors communauté, même s'il est rattaché à la communauté de Lyon-Chavril. Il est seul, même s'il peut compter sur le dévouement infatigable de Marie-Thérèse, une aide aux prêtres : pendant de très longues années, elle tiendra la maison. Il fera équipe avec des laïcs et pourra compter sur le soutien des Frères des Ecoles chrétiennes qui ont une de leurs maisons d’aînés sur sa paroisse.

Arrive alors pour lui le moment le plus difficile de sa vie, le temps de la maladie, période qu’il vivra très douloureusement. Nous sommes en 2012. A sa sortie de l’hôpital, il lui avait été proposé d’aller à l’EHPAD de Lyon, où il y avait encore une forte communauté d’Oblats. Il arrive alors à Pontmain le 24 juillet 2012. Je tiens à signaler combien il a fallu de patience, de dévouement et d’attention à nos auxiliaires de vie pour l’aider, le soutenir, lui tenir la tête hors de l’eau. Sa place n’était plus ici. Le médecin nous l’a signifié : « C’est du ressort de l’EHPAD, car ce dont il a besoin, c’est de soins infirmiers ». Mais c’était trop tard : il est mort au milieu de nous au matin du 1er février, à 9 h 20. Comme me l’a écrit un membre de sa famille : « Bernard avait un fort caractère, mais il était aussi très sensible ».

Le voici maintenant en présence de Dieu. Mieux que nous, notre Père du ciel aura su lui manifester beaucoup de tendresse et de miséricorde, en lui accordant sa paix.

A Dieu, Bernard. A nous revoir, un jour.

Bernard NOYER

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