Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Tanzanie 2016

1 – La première pensée

Pour les élèves de l'école Saint François, la matinée commence tôt, vers 05h. Dès l'aube, la première pensée de la journée s'adresse à Dieu par la prière commune. Il m'est arrivé d'aller à la messe prévue à 06h30. Si moi, j'arrivais vers 06h15, eux, par contre, étaient déjà là, depuis longtemps et, en plus, bien réveillés. Le fait de trouver et de voir environ 300 enfants à la chapelle, tous en ordre, dans le silence et le recueillement, joyeux de louer Dieu en chantant, c'était simplement merveilleux. Quel bon démarrage de journée ! Leur témoignage m'interpellait : « Et toi, à qui adresses-tu la première pensée de ta journée ? »


2 – Faire la lessive

Vivre, pendant dix jours, avec et parmi les enfants de l'école Saint François c'est comme aller à leur école de la vie, à travers les multiples activités quotidiennes. Je me rappelle bien ce matin où les fillettes, ensemble, faisaient la lessive à la main. Il s'agissait de laver une centaine de tee-shirts jaunes de l'école. À mes yeux, leur collaboration et leur entraide étaient parfaitement coordonnées. Il y avait celles qui, les seaux à la main, allaient chercher l'eau au robinet, d'autres qui lavaient, d'autres encore qui rinçaient et enfin celles qui étendaient les tee-shirts sur les longs fils à linge pour qu'ils sèchent au soleil. Leur témoignage me rappelait l'importance de l'apprentissage à savoir collaborer, à faire notre propre part. Bref, un rappel à la responsabilité.

3 - Sacré Joseph !

Voici mon souvenir de l'école Saint François de l'atelier manuel de calques et de coloriage. Un après-midi, les enfants devaient choisir une image pour en faire un calque et le colorier. Ils étaient nombreux et tous prêts pour cette nouvelle activité. Joseph s'approche en me disant : « je voudrais y participer aussi. » « Très bien », lui dis-je ! Mais Joseph n'a aucun de ses deux bras pourtant il s'installe tranquillement sur une chaise et me demande de mettre l'image au sol, avec le calque. Puis avec le talon d'un pied il bloque les deux feuilles superposées, je lui mets un crayon de papier entre les doigts de son autre pied et là il commence son œuvre. J'étais à la fois émerveillé et extasié ; pour Joseph, par contre, tout était si normal et évident ! Au terme du premier calque, il me dit : « j'aimerais bien en faire un deuxième ! » Puis, en voyant que les autres étaient en train de colorier, Joseph demande de remplacer le crayon par un crayon de couleur. Après avoir colorié le dessin, je lui dis de signer son chef-d’œuvre. Avec son pied, il met sa signature : Joseph Joakim. Et puis, avec le crayon, souligne bien son prénom et son nom ! Je me suis dit : « Sacré Joseph ! » Son témoignage m'a fait comprendre qu'un manque suscite un autre talent.


4 – Le bidon jaune

Chez le peuple masaï, à Engaruka, petit village si enclavé et éloigné de la ville, mais aux grands espaces indescriptibles et magiques ! Nous y avons séjourné pendant dix jours, sous les tentes, près des troupeaux de chèvres, et surtout réveillés dès l'aube par le chant polyphonique des coqs made in Tanzanie ! J'ai beaucoup aimé regarder ce qu'il se passait, tout au long de la journée, autour de l'unique robinet d’eau à disposition de plusieurs familles. C'était un véritable défilé : les femmes, les jeunes et les enfants, depuis leurs maisons – y compris les tout-petits – portant chacun un récipient proportionné à sa taille, se retrouvaient près du robinet. Tout le monde faisait paisiblement la queue et, chacun à son tour, remplissait son récipient pour ramener de l’eau à la maison. À présent, je vois encore les enfants, tous joyeux, portant sur la tête un bidon jaune en forme de cylindre (de 5, 10 ou 15 litres). Une fois rempli d'eau, les petits ne mettent pas le bidon jaune sur la tête, car ils n'ont pas la force de le porter jusqu’à chez eux, mais devant leurs pieds. C'est ainsi que, comme lors d'un match de football, ils poussent de leurs pieds le bidon jaune qui roule sur le sable et avance tout doucement et sans trop d'efforts, jusqu'à la maison. On peut avoir l'impression que les enfants sont en train de jouer, en s’amusant avec le bidon... Eh non, il s'agit de l'initiation à l'apprentissage des responsabilités nécessaires à la vie de la famille. Combien de fois par jour font-ils cet aller/retour du robinet à la maison ? Leur témoignage m'a fait comprendre qu'on peut bien jouer tout en ramenant aussi de l'eau qui désaltérera les autres.

p. Alfonso Bartolotta, omi
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