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Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

René Chauvat (1923 - 2016)

portrait de René Chauvat

Maine et Loire

René est né le 13 mai 1923 à BOURGNEUF en MAUGES, au lieu-dit « La Saulaie ». Il est l'avant dernier d'une fratrie de 6. La dernière, c'est Yvonne, religieuse de la Sainte Famille de Bordeaux.

Il fut toujours bien enraciné dans sa famille et son milieu. Au retour de l'école, il participait aux travaux de la ferme. Il a tout fait pour suppléer son frère Joseph, qui militait dans la J.A.C. Il a tout fait pour que son frère ne manque aucune réunion. Et le soir, à la lumière d'une lampe à pétrole, il suivait des cours d’agriculture par correspondance.

Sa formation religieuse

Il a fait son service militaire en 1945, et c'est en 1946 qu'il est arrivé à PONTMAIN pour son postulat (mai-août 1946). En entrant chez les Oblats, il suivait les traces de son autre frère Louis, décédé au Tchad en 1988. En août 1946, il est à la BROSSE MONTCEAUX pour le noviciat. Il prononce ses premiers vœux le 1er novembre 1947.

A Solignac

Sa 1ère obédience est pour SOLIGNAC. C'est là qu'en 1951 il rencontre Mgr PLUMEY. Cette rencontre sera décisive pour lui. Il accepte de venir prendre sa part à l'immense tâche qui l'attend.

Au Tchad

Le Cameroun-Tchad est alors une fondation toute nouvelle. Tout vient de commencer, en 1946. Tout est à faire. En 1952, René reçoit sa 2ème obédience : pour le TCHAD. Il part pour un projet d'élevage à NGAOUNDÉRÉ. Mais dans la réalité, il deviendra très vite constructeur. Les chantiers qu'il a eu à mener à bien ont été nombreux et très divers.

Citons en quelques-uns, à titre d'exemple : pour le petit séminaire de Ngaoundéré, il construit la chapelle et une salle d'étude. ll construit les églises de Gagal, Léré, Gaya, la cathédrale de Pala. Mais aussi de très nombreuses chapelles de brousse. ll a construit les résidences des Péres et des Sœurs, comme celle du P. Joseph Sergent, maintenant retraité à Pontmain. Il a construit des écoles, des dispensaires. lmpossible de citer tout ce qu'il a fait de 1952 à 1975, période qu'il a passée au Tchad.


René Chauvat au moment
de son départ au Tchad

Un Frère

Je me contenterai ici, de rappeler ce que Mgr Plumey disait du travail des frères : « Ils n'ont pas prêché, mais sans eux l'Evangile n'aurait pas été annoncé. lls n'ont pas célébré la messe, mais ils ont édifié des églises et dressé les autels. lls n'ont pas conféré le baptême, mais ils ont été les authentiques parrains des chrétientés naissantes. lls ont porté témoignage par leur exemple de travail, d'abnégation, de service et d'amour de Dieu. »

Comme les appelait le père Duchaussois, il a été un de ces « apôtres inconnus, mais non moins nécessaires et efficaces ».

Quelle image que pouvons-nous garder de lui ? Je me contente de citer les hommages rendus par quelques confrères à l'annonce de son départ : René ce fut un brave homme, un frère. Un homme simple et bon. Un homme serein et paisible. Une présence humble mais sûrement efficace. Un homme discret qui ne se plaignait jamais. Sa vie ne fut pas facile mais il a été jusqu'au bout.

Retour en France

Arrive alors la période éprouvante des ennuis de santé qui ne lui ont pas été épargnés. De violentes douleurs, à un œil l'obligent à revenir en France. ll est accueilli à La Saulaie, par sa famille, et soigné à l'hôpital d'Angers. Il croit pouvoir repartir au Tchad... mais ce sera pour peu de temps. A nouveau des douleurs, mais à l'autre œil.

Nous sommes en 1975. Il reçoit une 3ème obédience : pour SOLIGNAC, où il sera jardinier. ll y sera de communauté jusqu'en 1991, année de la fermeture de notre maison de formation.

A Pontmain

Il reçoit alors sa 4ème et dernière obédience : pour PONTMAIN. Il aura pour travail l'entretien du parc. Lors d’un hiver rigoureux, le buis qui borde les allées du parc avait gelé. Au printemps, tout a reverdi… sauf les branches mortes. Armé de son sécateur, René a coupé chacune des branches mortes, sur des centaines de mètres, pendant des mois…

Mais les ennuis de santé l'accompagnent. En 1994, après les yeux, ce sont les genoux. Malheureusement l'opération ne donne pas les résultats escomptés. René est déçu et il ne cessera de dire : « Si j'avais su, je ne me serais pas fait opérer. » En 1999, c’est le cœur qui donne des signes de faiblesse. Sa tension est au plus bas. Un beau matin de septembre, il tombe sans connaissance. Il doit être hospitalisé. Mais son heure n'est pas encore venue. Le 6 avril, le soir du vendredi saint, il fait une chute. Le genou opéré en 1994 lui fait très mal. Mais c'est le week-end pascal : il lui faudra attendre quelques jours avant d'être hospitalisé à Rennes. C'est sa prothèse qui est fêlée.

Cette fois l'opération réussit. Après quelques semaines de convalescence à Ernée, il revient dans la communauté. Mais, depuis, il a comme compagnon de tous les jours un déambulateur. Avec lui il peut se déplacer... dans le couloir du 1er étage. Son haussement d'épaule en disait long sur la souffrance et les efforts que cela lui demandait.

La fin de son temps

Son départ au matin du 10 octobre aura été pour lui une bénédiction. Quand il a été hospitalisé, deux jours auparavant, il avait dit : « c'est fini ». Et Dieu lui a donné raison, en le rappelant à lui rapidement. René avait 93 ans.

Il nous quitte alors que se termine le Chapitre général des Oblats. Que, du haut du ciel, il intercède auprès de Dieu, avec Marie notre Mère, pour le renouveau de la mission des Oblats dans l'Eglise et dans le monde.

André Grimonpont

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