Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Martin Kedah

Un gamin au Nord-Cameroun... souvenirs

Martin Keda durant l'interview
paysage kapsiki au Nord-Cameroun

Tu vas prononcer tes voeux perpétuels le 2 janvier prochain en l'église Saint Irénée de Lyon. Tu es en France depuis un ans et demi déjà, mais nous ne te connaissons pas beaucoup. Martin, qui es-tu ?

Je m'appelle Keda Martin. Je suis né le 31 août 1977 à Garoua au Nord Cameroun. Je suis issu d'une famille. Actuellement nous sommes sept dont une fille. Mon papa est polygame, ma maman était la seconde femme, et dans la famille j'occupe le deuxième rang. Mais chez ma maman je suis l'aîné. Mais parents sont originaires de Pala au Tchad mais je suis camerounais de nationalité avec des racines tchadiennes. J'ai passé toute mon enfance à Garoua où j'ai fait l'école primaire, puis le lycée.

C'est quoi, la vie d'un gamin, à Garoua ?

La vie d'un gamin à Garoua se partage entre aller l'école et les jeux de société avec d'autres enfants du quartier. Je me rappelle du jeu du cerceau, du jeu de cache-cache, des jeux où l'on imite la manière d'être des familles. Il y avait aussi ce jeu d'attraper les oiseaux, aller à la pêche ou bien chercher des rats en brousse. C'est ce qu'il nous occupait quand on était gamins. Et puis aller aussi au champ pour soutenir un peu les parents pour le boulot. C'est un peu ça qui meublait nos journés de gamins.

Quels beaux souvenirs gardes-tu de ton enfance ?

Ils sont nombreux ! Ce qui me tient à coeur jusqu'à présent, c'et quand on partait garder les champs au flanc des montagnes contre les singes qui venaient dévorer les récoltes. On y passait la journée, chaque groupe de gamins dans le champ de son papa. Et puis finalement, on formait un bon groupe en brousse, on faisait la cuisine, on mangeait ensemble, on passait de bons moments à veiller sur le champ. Je garde bien ça ! Ça fait « famille » avec les enfants. Ce n'était pas inutile, c'était un service qu'on rendait à la famille même si parfois, on était un peu distrait ! Au lieu de garder les champs, on se regroupait en un seul champ. Entre-temps, des singes venaient dévorer...! Ce sont des souvenirs qui me fascinent beaucoup. Chaque fois que je retourne au village, j'ai envie de repartir sur ces lieux pour revivre un peu ces moments ! C'était très simple et très animant. Puis, la joie de vivre dans le quartier avec d'autres, de crier, des moments de jeu, se retrouver...

Dans le même temps tu allais à l'école ?

J'allais à l'école, et dans le même temps, j'allais à la catéchèse. L'école était à une bonne distance ; on y allait ensemble, avec les copains ; on bavardait. Il arrivait aussi qu'on s'échange des coups de poing ! Mais quand même, c'était des bons moments.

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