Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Bernard Wirth

portrait de Bernard Wirth

Quelques nouvelles de Paris avant de reprendre l’avion pour Bangkok le 6 janvier…

Je continuerai mon travail habituel, à savoir un plein temps à la fac. et deux jours au Centre de Détention. C’est difficile de tout caser dans mon emploi de temps, les journées seront à nouveau très longues mais je vais faire de mon mieux comme durant l’année passée. Voilà plus de 40 ans que j’enseigne, c’est mon gagne-pain et celui de la communauté. A l'université, je suis le grand-père, à la fois en âge et en durée car l’âge de la retraite est 60 ans… mais les étudiants apprécient mes cours et ma méthode même si je suis de la vieille école !!! et avec certains profs, ils partagent mes soucis du Centre de Détention et me soutiennent.

Au Centre de Détention mon travail est beaucoup plus exigeant… Plus de 1000 détenus vivent dans une dizaine de pièces, à même le sol sans aucun mobilier, serrés les uns contre les autres pour se reposer, ils ne peuvent quitter les pièces que 2 fois par semaine deux heures ; hommes et femmes sont séparés mais les enfants sont avec eux… Ma responsabilité c’est de coordonner les actions des ONG qui travaillent pour rendre leurs conditions de vie plus humaines et pour les sortir de là…

jeunes prisonniers dans une prison thaïlandaise

Cette année nous avons réussi à libérer sous caution quelques 400 détenus, des réfugiés politiques et des chercheurs d’asile, essentiellement des mamans avec leurs enfants ( en Thaïlande les réfugiés politiques ne sont pas reconnus et peuvent être emprisonnés à tout moment ). C’est appréciable mais à mesure que certains quittent le Centre de Détention, d’autres sont arrêtés et les remplacent… et puis, encore faut-il aider toutes ces personnes à survivre, d’où la nécessité de faire appel aux Eglises, aux Pagodes, aux Mosquées et aux organisations diverses pour les accueillir…

C’est une très lourde tâche mais certaines personnes ne restent pas insensibles à ces problèmes, ce sont des gens de toute croyance, thaïs et étrangers… je ne citerai que la petite Eglise française de Bangkok qui a pris en charge 14 familles et avant que je parte une dame est venue me trouver pour m’annoncer qu’avec les enfants ils avaient décidés de renoncer à partir en vacances et qu’ils offraient l’argent des vacances pour la libération d’une famille Pakistanaise emprisonnée…

C’est cette entraide qui me motive et me donne la force de continuer à aller de l’avant. Même à l’intérieur du Centre, il y a certes beaucoup de misère humaine dont je suis un témoin qui souvent ne peut que dénoncer les faits, bien incapable d'apporter une amélioration, mais dans cette misère, il y a aussi des gestes fraternels, de l'entraide entre eux, des gens qui m’appellent non pas pour eux-mêmes, mais pour le voisin malade ou un autre qui craque ou n’en peut plus… Toutes ces personnes sont devenues mes amis et il n’est pas question que je les abandonne, dans 15 jours je vais les retrouver et nous continuerons notre route ensemble !

Ces quelques lignes sont loin de faire un bilan de ce que je vis en Thaïlande, elles en donnent juste une petite idée pour vous associer à ma mission et vous souhaiter de bonnes fêtes de Noël et de Nouvel An

fraternellement

Bernard Wirth
à Paris le 20/12/2015

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