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Demeurer

Dans cet évangile, Jésus emploie 8 fois le mot « demeurer ». Il le martèle comme s’il voulait « enfoncer le clou ». Ca doit donc être important.

C’est quoi, demeurer ? : faire l’expérience d’une présence, avoir un « chez soi », une demeure, un toit. Mais ouvrons les yeux : c’est plus que problématique pour des millions de gens. Pensons à ces familles condamnées à fuir leur demeure à cause de la violence et de la guerre, à prendre des bateaux pourris sans être sûrs de traverser la mer, et ne trouvant qu’une mort dramatique comme dernière demeure. Pensons aux familles népalaises en ce moment. Pensons aux familles sans domicile, exilées, mal logées, réfugiées. Comment peuvent-elles entendre une telle parole ? Comment cette parole peut-elle être une bonne nouvelle pour leur vie ?

Et puis à un autre niveau, ça renvoie à « habiter sa vie » Ce n’est pas évident d’habiter sa vie. Est-ce que tu habites vraiment ta vie ? Il faut souvent un long travail sur soi pour cela. « On peut comme on dit être à côté de ses pompes », ne plus savoir où on a les pieds, où on a le cœur, ne plus avoir un sol stable sous les pieds. Aujourd’hui, à cause du mal être social, du manque de travail, des familles sont comme délocalisées de leur humanité, considérées comme des « déchets » Leur terre n’est plus une terre chaleureuse. Ils ne peuvent plus demeurer dans la joie et le bonheur.

Dans ce contexte, c’est quoi pour toi « demeurer dans le Christ Jésus » ? N’est-ce pas décider de demeurer, d’être là ou l’Evangile nous dit qu’il est présent : être proches de ceux dont lui se fait proche, de ceux qui ne savent pas où demeurer, des exclus de la vie, des délogés de l’humanité, des amputés de l’espoir. De ce point de vue, nous avons des témoignages admirables, celui par exemple de l’évêque de Kirkouk en Irak : au milieu de l’enfer de la violence, le malheur est endigué par la solidarité. Des médecins qui sont musulmans se relaient chaque vendredi pour soigner bénévolement des chrétiens persécutés. Des gestes multiples font la fraternité. Pour les voir, il faut changer notre regard, changer notre cœur. En tout cas nous sommes sûrs que Jésus habite en nous, qu’il prend soin de nous quoiqu’il arrive. Alors pour demeurer en lui, pensons en ce moment pendant un temps de silence, à ceux que la vie met sur notre chemin et qui sont ceux dont Jésus veut se faire proche. Voyons les actes que nous pouvons poser pour nous faire proches et prendre soin les uns des autres. Alors nous pourrons entendre les paroles que Jésus nous adresse ce matin, celles-ci en particulier : « Soyez pour moi des disciples ».

Marcel Annequin

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