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Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Jn 3,14-21, 4è dimanche de carême B

D’après le commentaire de Jn par Jean Zumstein


La lecture d’aujourd’hui est la suite de celle de dimanche dernier : l’incident du Temple.
Nous sommes encore dans le cadre du premier voyage de Jésus à Jérusalem.

Nicodème vient, de nuit, trouver Jésus : il vient de nuit, c’est-à-dire secrètement.
Il vient de nuit, ce qui veut dire aussi qu’il est encore dans les ténèbres.
Et Nicodème veut engager avec Jésus une discussion théologique : il lui pose trois questions.
Il y donc d’abord un dialogue qui s’instaure entre Jésus et lui.
Il s’agit, dans ce dialogue, de la façon dont on peut « voir le Royaume de Dieu » :
« voir », c’est-à-dire « éprouver », « avoir part à »,
« entrer » dans le Royaume de Dieu, c’est-à-dire dans le monde à venir.

C’est ce que Jn nous raconte dans son chapitre 3. Mais ce qui nous est lu aujourd’hui,
à partir du verset 14, ce n’est plus un dialogue, c’est un monologue.
Jésus n’entre pas dans le jeu de la discussion savante proposé par Nicodème.
D’ailleurs, Nicodème a disparu de la scène, c’est Jésus qui parle. Car la foi consiste à écouter, c’est un don gratuit, et Jésus est celui qui parle, il est la Parole. Ce qui va nous être révélé ne peut pas être l’objet d’une discussion : c’est l’objet d’un discours de révélation.

Et qu’est-ce qu’il nous dit, le Jésus de Jn, dans ce monologue ?
Il nous dit d’abord qu’il est, lui, le « Fils de l’Homme ».
Le Fils de l’Homme, dans Jn, c’est toujours celui qui vient d’auprès du Père et qui retourne au Père,
celui qui descend jusqu’à nous, et qui remonte, pour nous entraîner avec lui.
Il s’était abaissé, il est élevé. « Il fallait » qu’il soit envoyé et abaissé, pour être élevé.
Elevé dans les deux sens du mot : élevé sur la croix et élevé dans la gloire de son Père.

Qu’est-ce qu’il nous dit encore, dans son monologue, le Jésus de Jean ?
Il nous parle de son Père, de son Papa. Il peut nous en parler, lui : il sait.
Il le connaît, son Père, puisqu’il vient d’auprès de lui. Alors, il nous en parle. Il est la Parole.

Il nous dit à quel point le Père nous aime, Il nous dit que son Père veut nous sauver,
(si nous le voulons bien). Pas nous juger : nous sauver. C’est un juge qui nous rend justes.
Il veut tous nous sauver, c’est-à-dire nous faire réussir notre vie, par-delà la mort, par-delà notre mort.

Et puisque le Fils de l’Homme est élevé, puisqu’il retourne auprès de son Père,
il veut nous prendre avec lui, nous élever avec lui auprès du Père.
si nous ne sommes pas ténèbres qui refusent la lumière.

L’amour de Dieu pour le monde est tel, continue Jésus, qu’il a donné ce qu’il avait de plus cher, de plus précieux : son unique. En donnant son Fils, Dieu se donne lui-même. Ce don du Fils consiste dans son envoi, dont la croix est le point culminant. Amour universel, sans condition préalable. La foi n’est que notre réponse, et elle ne consiste pas dans l’adhésion à un enseignement, mais à une personne : elle consiste à voir en Jésus la présence aimante de Dieu. Le Fils est le visage de Dieu pour le monde : pas seulement lors du jugement mais dès sa venue.

D’ailleurs, celui qui ne croit pas est déjà jugé, il se condamne lui-même ;
alors que celui qui croit ne vient pas en jugement : il est déjà passé de la mort à la vie. (5,24)

Certains refusent la lumière, qui démasquerait leur imposture.
Croire, c’est accueillir la lumière, qui est le Fils de l’homme. C’est « faire la vérité ».
C’est laisser Dieu agir en nous et nous faire renaître à une vie nouvelle : la sienne.

André Grimonpont

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