Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

"Votre soutien nous donne du courage"

portrait de Gabriel Djibi

Gabriel Djibi est originaire du Nord-Cameroun. Son père, Jean Madji, a été l'une des premières pierres de l'Eglise de Bourha. Gabriel est né à Djimi, la dernière paroisse au sud-ouest du diocèse en longeant le Nigeria. Il a une quarantaine d'années et est prêtre du diocèse de Maroua-Mokolo depuis 2003. Il est curé de Magoumaz, au Nord de Mokolo, responsable du district de Ldoubam-Tourou.

C'est justement à Ldoudam-Tourou que... "Le dimanche 21 septembre 2014, une vingtaine d'individus lourdement armés surgissent en moto de la route du Nigeria en direction de Tourou. Ils tirent à bout-portant sur tout ce qui bouge et poursuivent les villageois qui s'enfuient jusque dans les champs. ils vont tuer un nombre considérable de personnes sur le marché de Tourou. Parmi eux, deux responsables catholiques qui reviennent de la célébration de la Parole dans leur communauté" (G. Cador)

... Ce jour-là, Gabriel avait oublié d'aller célébrer la messe à Tourou !

Nous reproduisont la lettre qu'il vient d'envoyer à Jean-Claude Romain, le missionnaire OMI fondateur de la mission de Guili et de Bourha, actuellement retiré à Notre-Dame de Lumières.


Père Jean-Claude, bonjour et merci pour le soutien, la prière et la communion.

Oui, nous sommes en pleine guerre ici dans la région de l'Extrême-Nord. Ce sont des choses auxquelles notre pays n'est pas habitué. Nous vivons dans la peur dans notre quotidien.,Pour les villages situés sur la frontière comme Bourha, c'est encore pire. Mbola, Djimi, Tchevi, Boukoula sont envahis par les personnes déplacées. Quand j'étais au village à Noël, j'ai trouvé que ma petite case était occupée par une famille de 7 personnes. Papa Jean m'a expliqué qu'il ne pouvait pas les laisser sous l'arbre. Presque tous nos villages se sont multipliés en habitants. Dans ma paroisse, il y a le couvent des soeurs qui a été fermé depis 10 ans. J'ai été obligé de loger une quinzaine d'enfants qui étudient au collège du coin. Certains ont perdu leurs parents dans les attaques. D'autres ne savent pas où se trouvent actuellement leurs parents.

Et puis je dois nourrir et chercher de la place dans les collèges bilingues à Mokolo, car au Nigeria, c'est en anglais qu'on étudie. Dans ma paroisse nous avons recensé 403 personnes déplacées qui sont dans les familles. Se pose donc les problèmes de promiscuité puisque nos familles elles-soir n'ont pas d'habitation pour les imprévus. Les récoltes étant insuffisantes, on se tourne vers la paroisse. Notre réserve paroissiale est déjà épuisée. Nous ne pouvons que nous confier au Seigneur dans la prière.

Les attaques de ces barbares ne font que continuer et on s'attend à tout à tout moment. Les chrétiens ont peur de venir à la messe les dimanches. Les activités économiques sont bloquées. Il y a deux semaines, ils sont venus dans l'un de nos secteurs de la paroisse, à Mabas, brûler tout ce qu'ils trouvaient sur leur passage. Ils sont entrés à l'Eglise et ont mis le feu sur l'autel en bois, les bancs en bois, et dans le petit magasin ont mis le feu sur 12 sacs de maïs récoltés du champ communautaire. Après ils ont pris 47 personnes en majorité des enfants, et j'en connais personnellement certains d'entre eux. Ils les gardent avec eux depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui, juste à 8km du village mais au Nigeria.

Nous sommes vraiment désemparés, Père Jean-Claude, nous comptons sur vos prières. Les missionnaires expatriés sont obligés de quitter les "leurs" après des années de service, contre leur volonté. Pour les plus courageux, l'évêque leur demande de résider à l'évêché de Maroua et aller seulement le samedi soir juste pour célébrer le dimanche et rentrer à Maroua. Votre soutien nous donne du courage.

A la prochaine fois

Gabriel Djibi

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