Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Paul Travers (1939 - 2015)

portrait de Paul Travers dans le musée de la mission à Pontmain

Parcours exceptionnel d'un rebelle...

Paul est né le 2 septembre 1939, à St Georges Buttavent (Mayenne). Son père est parti à la guerre au lendemain de sa naissance. Il ne le reverra que 4 ans après. Mais toute sa jeunesse il la passera à Fontaine Daniel à côté de St Georges Buttavent.

Très vite Popol (comme chacun se plaisait à le désigner), a été un rebelle réfractaire à l'école. Un comble quand on a une maman institutrice ! C'était un véritable chef de bande. Sur ce point ses copains d'enfance ne me démentiront pas pour avoir fait les 400 coups avec lui. Il obtient un CAP de mécanicien chez les jésuites à Laval. Mais c'est chez les oblats qu'il demande à entrer : il n'aurait pu se faire à la discipline des jésuites ! Quand il a exprimé son désir de se faire oblat son papa très sceptique lui avait dit : « tu seras oblat quand moi je serais cardinal ». Pour une fois il a heureusement surpris ses parents : s'il est devenu oblat son papa n'est jamais devenu cardinal.


Les premières années au Tchad

Il entre alors au noviciat des oblats à la Brosse Montceaux en 1958. Et il y prononce ses 1ers vœux le 19 mars 1960. En septembre de cette même année 1960 il part pour le service militaire jusqu'au 23 janvier 1963 Ce sera d'abord dans l'est de la France puis en Algérie à CANASTEL.

Au retour il fait un bref séjour à Solignac puis à La Brosse. Et il part à PALA (TCHAD) pour un stage de 2 ans (1966-1968). C'est là-bas au Tchad qu'il prononce ses vœux perpétuels le 19 mars 1968 et qu'il reçoit son obédience pour le Tchad. Il y restera jusqu'au 16 février 1995 date de son retour en France.

Paul au service des missions et du développement.

Il est donc arrivé à PALA le 11 janvier 1966 le jour de la fête nationale de l'indépendance. Avec un petit camion, Renault il a commencé à sillonner les pistes du Mayo-Kébi pour approvisionner les chantiers de construction : missions, dispensaires, écoles et maisons d'habitation pour les missionnaires. Assez vite il a eu un camion Renault plus important pour répondre aux demandes de plus en plus nombreuses.


Le camion à Popol
n'était pas toujours dans le fossé...

A partir de 1973, tout en continuant l'approvisionnement des missions en matériel, la construction des puits deviendra son principal souci au service des populations. Il s'agissait de permettre aux gens d'avoir de l'eau propre en quantité suffisante et au plus près de chez eux. Paul n'aura pas ménagé ses forces pour pourvoir le plus grand nombre de gens de ce bienfait inestimable.

Les dernières années il faisait régulièrement de grands voyages jusqu'à Douala le grand port Camerounais pour amener jusque dans le nord Cameroun et le Tchad tout ce qui était nécessaire à la vie et aux travaux des missions, des dispensaires, des écoles. Il aura fait quelque1200 puits en 15 ans soit 80 par an. C'est de cette période que date son surnom de « Pagadou » : Pala - Garoua - Douala. C'est plusieurs tours du monde qu'il a fait ainsi en camion. (Un tour du monde c'est quand même 40.000 km). Ces voyages marqueront à jamais sa santé.

Retour en France.

sculpture sur bois d'une antilope au musée de Pontmain
Une des pièces du musée de Pontmain

Lors de son congé en début des années 1990 il a des ennuis cardiaques. Il ne peut plus retourner au Tchad. Il rejoint alors la communauté de Pontmain. Il lui a été difficile d'accepter ce retour même s'il se rapprochait de sa région d'origine et des gens qui l'aidaient dans ses projets avec l'association Tiers Monde Mayenne. Il n'a pas pour autant perdu son souci missionnaire. Très vite il a travaillé avec succès au renouvellement du musée missionnaire qu'il aimait faire visiter. Et du monde il en a vu passer. Mais ces dernières années les visiteurs se faisaient plus rares à son grand regret. Il a été aussi le standardiste de la communauté : notre porte d'entrée pour les gens de l'extérieur. Dès que le froid arrivait il veillait à allumer le feu dans le hall d'entrée du bocage.


Son départ.

Paul Travers jeune missionnaire

Il y a quelques semaines il a été voir le médecin ce qu'il n'avait plus fait depuis quelques années Ce fut le début de la fin. Depuis ce jour nous l'avons vu décliner de jour en jour. Il lui a fallu plusieurs jours avant de réaliser qu'il arrivait au terme de son riche parcours. Quand je le lui ai dit il m'a répondu tout simplement : « Tant mieux » Et de ce jour il disait à tous ceux qui venaient lui rendre visite :" Je m'en vais chez le bon Dieu". Et il le disait d'une façon très sereine. Et c'est ce dimanche 18 janvier au lendemain du 144ème anniversaire de l'apparition de Marie à Pontmain qu'il a fait le dernier pas. Nous gardons de lui un bon souvenir. Il fut un rebelle. Mais un rebelle au grand cœur un homme généreux surtout à l'égard des plus pauvres, des familles en difficultés, des enfants auxquels il confiait des petits boulots de jardinage pour pouvoir acheter leurs fournitures scolaires. Il a été un homme tout donné, un ami fidèle comme en témoignent les nombreux messages reçus, un homme qu'on n'oublie pas, un homme franc et vrai, un homme très sensible chez lequel se trouvait tout à la fois amour et humour.

Merci Popol pour tout ce que tu as fait. A-DIEU.

Pierre COURT et Bernard NOYER

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