Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Brésil

portrait d'Henri Leconte lors de son passage à Paris en juillet dernier

La mission, c'est toujours un "aller-vers" que les conditions géographiques contraignent. On a parfois tendance à l'oublier, mais en 2014, des endroits sur la planète restent difficiles d'accès. Pourtant, des personnes y réclament l'Evangile...

Du haut de ses 81 ans et malgré son intense désir de rejoindre les Indiens de l'Oiapoque, Henri Leconte a du renoncé...!


carte du Brésil qui indique l'oiapoque, tout au Nord à la frontière avec la Guyane française

Le 21 décembre 2014

Bonjour à tous et à toutes,

Une nouvelle qui va vous surprendre : la mission de l'Oiapoque n'a pas eu lieu. Tout simplement parce que j'ai été malade deux jours avant de partir. Et j'ai gardé un silence total. Seuls les 3 Oblats de Bélem et 4 personnes du CIMI (Conseil Indigène) étaient au courant. J'étais dans une communauté religieuse, le temps de faire les examens et me reposer.

Qu´est-ce qui s´est passé ? Avant de partir pour l´Oiapoque, j´ai visité, avec 3 autres personnes du CIMI (beaucoup plus jeunes que moi, c´est vrai) des communautés indigènes, pendant 5 jours, dans des conditions assez éprouvantes, bien que je n´aie rien ressenti sur le moment. Dix heures de voyage à l´aller et au retour, dont 5 heures à chaque fois pour faire à peine 150 kms, sur une "route" de terre à travers la forêt, c´est-à-dire 5 heures de bosses, ornières, secousses et poussière (moyenne 30 km/heure). La forêt est magnifique, les visites aussi, c´est déjà quelque chose. Je me disais : "c'est un excellent "apéritif" avant l´Oiapoque". Au retour, j'ai passé la fin de semaine comme d´habitude, et passablement occupé, dans les communautés où je vais régulièrement. C'est sans doute la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

une route de forêt en terre au Nord du Brésil, qui illustre les difficultés de communication

Et 2 jours avant de prendre l´avion, de violentes douleurs abdominales et lombaires m´ont obligé à faire un tour aux urgences et donc à perdre l'avion. Ma vie n´étant pas en danger, je n'ai rien dit à personne, parce que pensé inutile d'affoler les gens. Même les communautés paroissiales où je vais n'ont rien su. Ça me permettait aussi de bien me reposer.

Quelques visites médicales, des médicaments et un bon repos ont fait le travail. Et j'ai déjà repris mes occupations très normalement.

Faites comme moi : soyez tranquilles. Le 'vieux' n´est pas encore fichu. Cet "apéritif", un peu corsé, c´est vrai, a au moins eu le mérite de m'éviter l´aventure difficile, je savais, de l´Oiapoque.

maison en bois sur piloties au bord du fleuve

J'ajoute que le séjour dans ces communautés indigènes éloignées, qui nous demandaient depuis longtemps, a été passionnant. "Nous sommes catholiques, et ça fait plus de 15 ans que nous n'avons pas vu de prêtre catholique. Nos jeunes et nos enfants ne sont pas baptisés, et nous ne voulons pas les laisser mourir comme des animaux". C'est la première fois que j'ai ressenti un tel appel. Tenez-vous bien, mais je leur ai promis que nous reviendrions... pour faire une semaine complète de mission. Mais la prochaine fois, nous ferons la partie difficile du voyage (parce que maintenant nous connaissons les lieux) en barque par le fleuve. Je n'aime pas spécialement, mais il n'y aura ni cahots ni poussière.

Et je vous assure : tout va bien. Mais j'ai tiré un trait sur l´Oiapoque, si ça peut vous tranquiliser. La vie est passionnante, et je n´ai pas envie de mourir de si tôt. En rentrant "à la maison", j´ai pu lire les messages que plusieurs d´entre vous m´ont envoyés. Merci beaucoup, même pour les conseils de prudence.

Bonnes fêtes de Noël à tous et toutes. Finissez l´année en beauté, comme moi. Avec mes prières pour vous tous.

Henri Leconte OMI

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