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Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Réflexions sur Noël

Il est bien gentil, Épicure, mais il a vécu trois siècles avant Jésus-Christ. Il n’a donc pas pu bénéficier de ce que Jésus est venu partager et nous dire du sens que peut avoir une vie dans le temps. Ce qu’il a fait, vécu, est parole pour nous.

Il est bien gentil Platon, encore plus ancien, avec sa fameuse définition de la mort comme « séparation de l’âme et du corps », une « âme » immortelle, enfin délivrée de son corps !

« Sans corps, il n’y a pas d’âme, car une âme qui n’anime rien n’est pas une âme, elle n’est rien… Être âme, c’est animer un corps. » (Rey-Mermet, Croire, tome 1, pages 434-435).

Ce que nous fêtons à Noël, c’est justement le début de la vie corporelle, de la vie dans le temps, du Fils de Dieu lui-même. Il a voulu partager cette façon infirme d’exister, qui est la nôtre, instant après instant : ne plus être ce qu’on était l’instant d’avant et ne pas être encore ce qu’on sera l’instant d’après. Pour moi, le temps n’est pas un être. Ce sont certains êtres qui sont temporels. Un jour nous ne serons plus des êtres temporels. Nous aurons fini notre temps. Nous n’attendrons plus rien : nous serons arrivés.

Au long de notre vie temporelle, il y a de bons moments. D’autres moments ne sont pas agréables à vivre. Jésus l’a su et vécu, jusqu’à sa mort, jusqu’à l’échec de sa mort. Mais sa vie était total don de soi ; et un tel don de soi, vécu par un homme-Dieu, ce n’est pas quelque chose qui passe, parce que c’est la Vie même de Dieu, qui ne passe pas, lui. L’amour, c’est Dieu.

Quand Jésus est arrivé à la fin de son temps, sa vie a perdu cette façon provisoire et infirme d’exister, instant après instant. Elle a débouché dans l’éternité de Dieu. Et cette « Pâque », ce passage-là, il nous le partage.

Dès maintenant, avec lui, à sa suite, il nous est donné de pouvoir vivre une vie de fils de Dieu, si nous aimons. C’est même pour ça que Dieu nous fait exister : pour vivre, c'est-à-dire pour aimer, comme lui, « à son image ».

Alors, cette vie-là continuera, dans un corps tout nouveau, qui ne passera plus, comme celui du « premier né d’entre les morts ».

A l’occasion de « l’année de la vie consacrée », qui a commencé le 29 novembre, la « Sacrée Pénitencerie » (un organisme de la curie que le pape François n’a pas encore revisité) a publié un « décret ». Ce décret précise les conditions à remplir pour gagner une « indulgence plénière », applicable aux « âmes » du purgatoire. L’art de rendre notre foi ridicule aux yeux des non-croyants.

Dans cette « logique », devant la crèche, vous pouvez prier Marie, mais seulement prier l’âme de saint Joseph. Car ce n’est pas lui qui est au ciel, mais seulement son âme…

André Grimonpont

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