Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Rencontre avec...

Le 14 octobre 2014

Henri Leconte, missionnaire avec les Indiens du Brésil

portrait d'Henri Leconte

Quelle est ta situation aujourd'hui ?

Je suis dans une communauté de formation à Belem, avec quelques jeunes qui envisagent de devenir Oblats. J'y suis comme accompagnant, témoin de la mission.

Quel est le profil de ces jeunes ?

Comme partout, ce sont des jeunes qui veulent faire quelque chose de leur vie ! Il ont déjà entendu parler des Oblats, c'est pour cela qu'ils viennent chez nous. J'ai remarqué qu'ils étaient attirés par le fait que nous sommes proches des gens.

Et que font les Oblats aux Brésil ?

Nous sommes 52, dont plus de la moitié sont brésiliens. Beaucoup sont en paroisse mais dans le même temps, bon nombre d'entre nous sommes engagés dans des pastora-les de type social.

Et toi ? J'ai entendu dire que tu étais engagé au côté des Indiens...

C'est une découverte que j'ai faite en paroisse : l'origine indienne des familles, même si elles ne veulent pas le reconnaître ! Dans une société brésilienne très métissée, on assiste à un rejet, disons même une honte, de l'origine indienne.

Indiens du Brésil lors d'une manifestation

Du coup, quand j'ai laissé la paroisse il y a 6 ans, j'ai pris contact avec le Centre Indigène Missionnaire, le CIMI, un organisme qui dépend de la Conférence des Religieux, et qui travaille avec les Indiens. Depuis, je fais des séjours réguliers dans des villages indiens situés à plus de 500 km de Belem. Le plus difficile, bien sûr, ce sont les voyages en autocar, avec des routes très mauvaises ! Mais plus ça va, plus je suis à l'aise. Il s'agit de les connaître dans leur vie : leur manière de penser, écouter... Très souvent, je ne dis presque rien : s'habituer à leur manière de faire, de dormir, de manger ; occuper son temps à visiter, en sachant qu'on découvre des choses qui nous surprennent.

Ils parlent le Brésilien ?

Oui ! Mais dans le même temps, ils renouent avec leur culture. Je me souviens avoir participé à une fête religieuse étalée sur plusieurs jours. Je ne savais pas trop s'ils étaient d'accord... Le troisième jour, le fils du pagé m'a dit : « Merci, Père, d'être venu. C'est la première fois qu'un prêtre catholique participe à cette fête du début à la fin. »

Comment présenterais-tu le défi missionnaire avec les Indiens ?

Le problème, clairement, c'est la honte d'avoir des ancêtres Indiens ! C'est un rejet, une tache dans toutes les familles, et ce parce qu'il y a le mélange culturel Europe-Afrique-Amérique. Finalement, les Esclaves ont été mieux intégrés que les Indiens.

groupe indien

Comment opère le CIMI ?

Au CIMI, notre politique est d'aider les Indiens à rester dans leurs terres car même s'ils s'enculturent dans la société brésilienne, ils veulent garder leur originalité. Et nous Église catholique, devons aller jusqu'au bout. Au niveau de la religion, la Bible, c'est tout à partir de la Terre Promise : le peuple ne vivait que s'il retrouvait sa terre, cette terre où coulait le lait et le miel. Pourquoi n'insistons nous pas plus là-dessus pour faire passer le message de notre foi ? Quand je lis un évangile, j'aime bien prendre des paraboles à partir de la terre, de la pêche, qui font entrer dans une plus grande connivence avec la réalité indienne.

Est-ce que le Brésil s'est-il remis du désastre sportif de cet été ?

Ici, j'ai entendu parler de "deuil national"... Il n'y a pas eu de deuil, même s'il y a eu quelques larmes ! Il faut dire que vu le niveau de l'équipe, cela n'a pas été une surprise ! Les gens ont donc préféré en blaguer !

Eh bien ! Merci et bon retour.

Lire aussi...
Contact Hébergeur : Arsys © Missionnaires oblats de Marie Immaculée - Province de France - 2013