Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

"Je vous écris de Guyane où je suis en stage"

Simplice entouré de quelques jeunes de la paroisse
Avec quelques jeunes de la paroisse

J'ai été envoyé à l'Ouest de la Guyane, plus précisément dans la commune de Mana à la paroisse de Javouhey situé au village qui porte le même nom. Le territoire pastoral de cette paroisse a une spécificité : elle regroupe deux ethnies aux cultures différentes avec une histoire quasi similaire l'une de l'autre.

La première est formée de la communauté hmong, un peuple très attaché à ses traditions. Les Hmongs sont arrivés en France après avoir fui le Laos en 1975, suite à la guerre qui a opposé les Communistes vietnamiens avec les Français puis les Américains. Suite à un accord avec le gouvernement, bon nombre d'entre sont venus en Guyane. C'est un peuple d'agriculteurs (de couleur jaune ou blanche) qui a alors reçu une aide considérable de la part de la France pour s'installer et développer son agriculture. Ils sont aujourd'hui leaders dans ce domaine dans le département français de la Guyane. De fait ils ont été totalement adoptés par la France. Aujourd'hui, grâce à leur travail, ils sont économiquement indépendants.

La deuxième ethnie est une communauté issue du Surinam (voisin frontalier avec la Guyane) arrivée en France suite à la guerre civile qui a ensanglanté le pays entre 1986 et 1992 et placée alors dans quatre camps sous l'égide des Nations Unies. Ce peuple (de couleur noir) assez diversifié dans ses aptitudes, n'a cependant reçu aucune aide du gouvernement de leur terre de refuge. Aussi il reste assez dépendant économiquement. Par ailleurs les membres de cette communauté, n'ayant pas reçu le même traitement que les autres, doivent trimer pour avoir des papiers ; au point d'user des méthodes loin d'être catholiques. De fait, le rapport de bon voisinage qui devrait les unir est loin d'être des plus reluisants.

Vous pouvez donc user de votre imagination pour comprendre dans quelle situation pastorale je me trouve. J'ai comme curé un Hmong, le père Antoine Chy, arrivé ici comme curé il y a peu de temps et qui s'est vu rapidement confronté à cette situation pastorale. Il faut donc arriver à faire l'équilibre entre la communauté Hmong et celle Bouchi Tongo. Ainsi moi je me retrouve malheureusement ou heureusement entre les deux communautés. Voilà donc en bref sans trop de détail le contexte pastoral dans lequel je me trouve depuis mon envoi en mission par le père Joseph Dumé (supérieur de la mission de Guyane).

Comment je vis la mission ? J'essaie autant que faire se peut de la vivre comme un missionnaire en herbe. Aussi je la vis avec beaucoup de joie, d'émotion, de surprise, de déception, de tension et d'espoir. C'est la somme de tout cela qui me faire rendre grâce à Dieu. Car je suis convaincu du fait que quels que soient les états d'âme dans lesquels je vis, ce moment est important pour la suite de ma formation ; l'essentiel se trouve au bout : parvenir à répondre à l'appel du Seigneur.

Très fraternellement.

Simplice Sa'a Ngouni
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