Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Louis Leroy (1923-1961)

  1. Le dernier acte

Au premier plan, une grande croix en bois. Dans le fond, deux petites cases en toit de tôle au milieu des arbres
Ban Pha Mai en 1960
Un groupe de personnes, femmes, enfants, hommes, 'prennent la pause' pour le photographe devant une case en toit de tôle. Louis Leroy est au milieu d'eux. Il les dépasse d'une tête !
Avec les chrétiens de Ban Pha en avril 1960

Lors de l´offensive générale de la guérilla en avril 1961, sa présence avait été signalée aux attaquants par des gens qui voyaient d´un mauvais oeil cette présence chrétienne active dans le secteur.

Le 18 avril 1961 le Père Louis Leroy est en prières dans sa pauvre église. Un détachement de soldats de la guérilla vient le chercher. Selon les gens du village, il sait que son départ est définitif : il demande d´enfiler sa soutane, il met sa croix à la ceinture, il prend son bréviaire sous le bras et fait ses adieux. Tête nue et pieds nus il suit les soldats sur le chemin escarpé.

Selon un témoignage, Louis Leroy a été interrogé, frappé et brûlé au visage jusqu´à être défiguré. Quelques chrétiens d´un autre village, qui passaient par là, ont vu de loin la scène, mais ne l´ont pas reconnu. Peu après, on entendit quelques coups de feu dans la forêt, et ce fut fini... Son rêve de jeune homme était exaucé.

De nombreuses années plus tard, un non-chrétien du village avouera à un prêtre laotien détenu avec lui dans un camp sa haine des prêtres, et lui dira :« On l´a tué, celui de Ban Pha le Haut ! »

La tombe improvisée fut retrouvée quelques jours plus tard par des paroissiens dévoués. Deux ans plus tard seulement, un Oblat put la visiter et la bénir rapidement... Elle est désormais dans une rizière, qu´une chrétienne a rachetée en mémoire du Père Leroy. Oui, la bonne graine de l´Évangile est enfouie en terre laotienne, attendant l´heure de germer.

Selon les récits recueillis plus tard, Louis aurait pu facilement se sauver. Lorsque les troupes royales ont abandonné son village de Ban Pha, les militaires insistèrent pour qu´il parte avec eux. Il refusa tranquillement, disant que son devoir était de rester avec les gens, selon l´ordre reçu de ses supérieurs. Il ajouta :« Je suis prêt à mourir pour le Seigneur - Pho nhom tai pheua Phrachao. » Un jeune homme, qui faisait partie de ce détachement, affirma qu´il était revenu seul deux heures plus tard, au risque de sa vie, pour essayer encore de le convaincre de partir. À l´arrivée des militaires de l´autre camp, sa voisine Anna, une jeune chrétienne entièrement dévouée à la mission, l´en suppliait à son tour. Mais tout cela fut en vain...

Louis Leroy, comme ses confrères, appliquait strictement la consigne romaine de rester au milieu des chrétiens, même au risque de mettre sa vie en danger (en fait, l´ordre de repli de son supérieur provincial était déjà en route, mais le messager n´arrivera pas à temps). Sa consécration de religieux missionnaire, il la vivait héroïquement, interprétant à la lettre l´appel solennel du Fondateur des Oblats, Saint Eugène de Mazenod, à ses fils : « [Les Oblats] se sentent appelés... à renoncer entièrement à eux-mêmes... prêts à sacrifier tous leurs biens, leurs talents, leur repos, leur personne et leur vie pour l´amour de Jésus Christ, le service de l´Église et la sanctification du prochain... »

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