Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Jean Leleu (1928 - 2014)

« Le Père Jean LELEU est né le 8 juin 1928, à Wervicq-Sud, dans le département du Nord, dans le diocèse de Lille. Il est le deuxième d’une famille de neuf enfants, six garçons et trois filles. Il a fait ses études secondaires au petit séminaire d’Hazebrouck replié au collège de Marcq en Baroeul de 1942 à 1948, puis deux années de philosophie au grand séminaire de Merville en 1949 et 1950. Il a fait en suite son service militaire à Nîmes.

Le passage à Wervicq de Mgr. Clabaut éveilla en lui le désir d’être missionnaire. Il entra au noviciat de la Brosse-Montceau en octobre 1951, pour une année et ce fut ensuite le départ pour le scolasticat de Solignac où il a fait ses études de théologie et a prononcé ses vœux perpétuels, le 11 mai 1956. Après le sous-diaconat et le diaconat, le 1er juillet 1956, il a été ordonné prêtre le 7 octobre 1956, dans l’abbatiale St Pierre de Solignac, par Mgr. Rastouil, évêque de Limoges.

Il reçut son obédience pour le Tchad-Cameroun, en 1957, et embarqua sur le paquebot « Foch », apparemment, le 17 octobre. Il arriva à Douala, après 17 jours de traversée, et il lui fallut encore 15 jours pour se rendre à Garoua. Le Père Provincial lui signifia sa destination au Cameroun : POLI, où il arriva le 7 décembre 1957.

Il restera 17 ans à Poli et Fignolé. Il a bien appris le Doayo, ce qui lui a permis de travailler les traductions de l’Ecriture et de la liturgie en langue doayo. Il a gardé le goût de l’Ecriture dans les textes originaux. Souvent, il nous faisait remarquer les contre-sens que nous utilisons dans les traductions usuelles et cela le mettait en boule !

Après dix ans, il avait signalé au Provincial qu’il était disponible pour une autre obédience. Le changement n’est arrivé que sept ans plus tard, et il a trouvé que cette obédience venait un peu tard, alors qu’il s’était enraciné dans le pays doayo… mais il partira alors pour le Tchad, à FIANGA, au pays des Toupouri. Il avait sur sa table, une photo d’hommes toupouri, portant, à bout de bras le toit d’une maison. 

Jean a laissé le souvenir d’un bon compagnon, fraternel, accueillant, aimant la vie, les bons moments, l’humour. Il savait raconter les blagues. Il aimait la vie, il aimait les gens, il s’est donc trouvé de plein pied avec les « Zébédée », une association de SDF de Marseille qui se réunit dans notre maison, où il a beaucoup apporté et beaucoup reçu.

Ces dons lui venaient de sa famille, une grande famille de neuf enfants – six garçons et trois filles- et de sa terre natale, il était définitivement un homme du nord, de la frontière belge. Il aimait la Belgique, il parlait un peu flamand – il jurait surtout en flamand disaient certains ! Il aimait la bière et les moules frites. Un jour, à l’Ehpad, nous avons eu de la choucroute avec de la bière, il s’en souviendra longtemps ! Il m’a toujours frappé aussi par son ouverture d’esprit, sa soif d’information, se tenir au courant des événements de l’Eglise en particulier. Il était abonné à La Vie qu’il a lue tant qu’il a pu. La Vie, La Croix, Le Pèlerin, c’étaient ses sources et sa nourriture. Il voulait aussi avoir les textes importants de Rome.

Tout cela montre la vitalité de cet homme qui continuait à s’ouvrir au monde, à vibrer avec la vie de l’Eglise, malgré la maladie qui l’a abondamment visité. On peut dire qu’il a été un homme de la souffrance qui lui a imposé son emploi du temps. Il vivait sa maladie comme quelqu’un qui fait son métier, il n’était pas malade au rabais ! Il aimait se trouver entre les mains de bons médecins qui auraient porté le bon diagnostique et l’auraient aidé à vivre. Il y a eu des moments où il s’est trouvé mieux, mais ces avancées ont souvent été contrariées par telle ou telle chute, et la peau se déchirait à nouveau et il fallait tout recommencer.

A la mi-décembre 2013, il s’est trouvé déshydraté et les reins en avaient souffert. C’est ce qui nécessita une nouvelle hospitalisation à la Clinique des Charmettes à Lyon. Il y restera une bonne dizaine de jours. Il se trouvait dans un état de confusion mentale, comme il l’avait fait à plusieurs reprises, avant de revenir à lui tout normalement. Son état s’est amélioré, les reins semblaient fonctionner, puis le 27 décembre, jour de sa fête, la Clinique l'a ramené. Il venait mourir à la maison. Entouré et accompagné par ses frères Oblats et le personnel soignant qui lui était tout dévoué…

André Marion, omi
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