Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Nheun Baccam

  1. La crise des vocations, une chance...

Durant la célébration, Mgr Pontier encense l'autel
Durant la célébration, la chorale
Nheun et les deux autres futurs prêtres, montent à l'autel à l'appel de leur nom
Nheun, à la sortie de la célébration

Je reviens à ton ordination demain. Est-ce qu'il y a un moment de la célébration que tu attends avec particulièrement d'attention, d'enthousiasme ou d'appréhension ?

En fait, je n'attends rien. C'est ça qui est bizarre. Mais j'ai vu, les gens autour de moi sont très stressés. J'ai l'impression que c'est comme dans les couples : la femme va accoucher et c'est le mari qui est stressé ! Je l'ai dit à certains prêtres autour de moi : pourquoi vous êtes stressés ? Peut-être qu'ils voient mes limites ! Non, je suis tout cela très sereinement, une paix intérieure que je n'arrive pas à décrire. Je sais bien qu'au final, même s'il y a des petits problèmes, cela s'arrangera. Il y a suffisamment de personnes qui s'en occupent. Et les gens qui vont venir à cette célébration, ce ne sont pas des étrangers pour moi, je les connais.

Alors, un moment particulier ? Non ! On a fait des répétitions, cela va être une joie, pour moi et pour les autres. Ils seraient ceux de voir les autres heureux. Il y a des gens qui me disent : « On va pleurer. C'est tellement extraordinaire de voir ces moments pour toi. » Moi, je ne vois pas ce qu'il y a d'extraordinaire. On me dit que j'ai beaucoup changé, je ne le vois pas. À part le fait que je me sente proche des gens.

Puisqu'on parle de proximité, il va être ordonné avec d'autres personnes venant d'autres groupes, notamment du diocèse. Comment se situe cette relation, toi, prêtre religieux missionnaire, et ces prêtres diocésains ?

Je crois qu'on a une chance avec la crise des vocations ! Cela a contribué à casser cette mentalité où chacun était dans sa chapelle. Très concrètement, aujourd'hui, on ne sent pas de barrière entre nous. Nous sommes sans doute encore très naïfs mais on a l'impression que c'est l'Évangile qui passe avant tout. C'est un peu comme saint Eugène après la Révolution. On est touché par l'éloignement des gens par rapport à l'Eglise. On a envie qu'elle retrouve son dynamisme, cette foi qui est tellement riche. Je crois qu'il y avait ça dans nos partages entre diacres préparant l'ordination. Et avec les prêtres du secteur, c'est la même chose. Je ne sens pas de distinction ou de séparation.

Lundi matin, tu célébreras ta "première messe", comme on dit. Tu as répété ?

Pas du tout ! Je rigole parce que je pense à l'un ou l'autre qui est angoissé par çà ! Non, j'avoue que cela ne me panique pas. Parfois, je me dis qu'il faut que je prenne du temps pour réviser un peu... L'autre jour, mon curé m'a pris pendant une heure en me disant : «  Je suis tellement inquiet pour toi ! Viens dans l'église, mets une aube et une étole »; et il m'a corrigé : « Qu'est-ce que tu es raide ! ». Et finalement, il a terminé en disant : «  Bon, de toute façon je serai à côté ! ». Non, je ne suis pas du tout inquiet !

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