Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Nheun Baccam

  1. Ma joie, voir l'autre heureux

Nheun dans le jardin de la communauté
L'évêque de Marseille, durant l'ordination, s'adresse à Nheun en lui posant affectueusement la main sur l'épaule
A la sortie de la messe d'ordination, Nheun et sa maman

Tu as évoqué ta conversion. Quand on lit les actes des apôtres, où les lettres de Saint-Paul, on voit qu'il revient souvent sur cet événement, sa conversion sur le chemin de Damas. À certains moments, c'est plutôt de manière narrative. À d'autres moments, c'est synthétisé ! Dans ce cas-là, Paul reprend sa conversion à la lumière de tout ce qu'il a vécu depuis. À la lumière de tout ce que tu as vécu depuis plusieurs mois, et de ce que tu vas vivre demain, repart le nouveau de ta conversion.

Cette question que tu me poses m'a bien occupé durant ma retraite à Ganagobie ! Cette relecture est revenue dans mon esprit. La conversion, c'est une grâce, mais en même temps, c'est un point de départ. Et dans ce démarrage, on est accompagné. C'est là que prend naissance le désir de témoigner aujourd'hui. Si je reprends Saint Paul : il arrive à une phase où il perçoit que Dieu a réalisé toute chose en lui. Et c'est là qu'il peut rendre grâce à Dieu. Ce que Dieu a permis au départ, le jour de ta conversion, voilà ce qu'il a réalisé pour toi aujourd'hui. Et tu vois les choses concrètes de Dieu à travers toutes ces longues années, malgré les difficultés, même si extérieurement, celles-ci ne se voient pas !

Des difficultés ?

Premièrement, tu sais que les convertis n'ont pas la même éducation chrétienne que ceux qui ont suivi une voie classique. On souffre dans le sens qu'on ne maîtrise rien. Tout ce que je savais, c'est qu'il fallait avancer : avancer, avancer, avancer, mais on ne sait pas où ! Mais progressivement, les choses s'éclairent. Au fur et à mesure, j'ai réalisé que derrière moi, un travail énorme s’était déjà fait, même si j'avais l'impression de ne pas comprendre.

Dans tout ça, qu'est-ce que tu as découvert de Dieu ?

Oh ! Les merveilles de Dieu. Peut-être qu'on emploie trop cette expression ! Mais je dois reconnaître que j'aime beaucoup le champ du Magnificat de Marie. Dans ce chant, c'est extraordinaire ; Dieu a fait de nous des êtres capables de penser et d'aimer, capables de recevoir et de donner. C'est merveilleux... Et capables de souffrir aussi, pas forcément pour soi mais pour les autres. Ce que Jésus a fait sur la croix. Et ça, c'est extraordinaire, ce sentiment qui s'est développé en moi toutes ces années. J'ai été beaucoup marqué par ces personnes qui sont venues me voir en me disant : Je sais que je ne peux pas me confesser auprès de vous, mais j'ai envie de parler avec vous. Et il y a des moments, ce n'est pas qu'on adhère à la souffrance de l'autre, mais il y a quelque chose comme de la compassion; pouvoir porter l'autre dans la prière. Pour moi, c'est vraiment quelque chose de très fort : porter l'autre dans la prière, supplier Dieu comme Abraham qui demande Dieu de ne pas détruire la ville. Ce sentiment est tout nouveau pour moi. C'est le rôle du Magnificat : on voit ce que Dieu réalise réellement. On voit quand l'autre est vraiment guéri, et heureux, quand il retrouve la joie de vivre. C'est merveilleux de voir les gens heureux !

Tu es en train de nous dire que ta joie c'est de voir l'autre heureux ?

Ah oui ! Tout à fait ! Il n'y a pas de choses plus grandes que de voir des gens heureux : trouver le bonheur de la vie, apprécier la vie. Il n'y a pas de plus beau cadeau que de voir l'autre heureux, capable d'être autonome, de se battre dans la vie... Parce que la vie n'est pas toujours facile ! Voir quelqu'un capable de grandir, de se débrouiller. C'est un bonheur pour moi.

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