Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Nheun Baccam

  1. Homme de la Parole de Dieu

Nheun, à l'ambon, s'adresse à la foule

Demain, tu vas vivre une étape dans ton existence. Or, il me semble que de telles étapes sont l'occasion de faire un retour en arrière, une relecture, à la lumière de cette nouvelle étape. En quelques mots, peux-tu reprendre ton parcours à la lumière du fait que demain, tu vas être ordonné prêtre ? Comment vois-tu le cheminement qui t'a emmené jusque-là ?

Dans le faire-part d'invitation, j'ai choisi un extrait de psaumes qui dit ceci : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui ? » Qu'est-ce que l'homme pour Dieu ? Et je ne peux m'empêcher d'être émerveillé en voyant tout ce que Dieu a fait pour moi tout au long de mon parcours chez les Oblats. Quand je regarde en arrière, je me dis que c'est impossible ! C'était impossible au départ que je fasse tout ce parcours ! Déjà je me suis converti à 33 ans ! Je ne connaissais pas grand-chose à la culture du christianisme, à l'église. Et aujourd'hui on me sollicite pour en parler, pour en témoigner ! L'an dernier, ce qui m'a ébloui, c'est qu'on m'a demandé de prêcher à l'abbaye Saint-Victor pour le 8 décembre ! J'étais un peu intimidé, mais j'ai bien apprécié.

Tu parles des homélies. C'est une des activités importantes pour un prêtre. Ça se passe comment, une homélie, vue de l'intérieur ?

J'ai fait des études de théologie et de missiologie, À Lyon et au Canada. Mais l'homélie, c'est autre chose. On laisse le texte nous enseigner. On se laisse découvrir par le texte. Et le texte renvoie à beaucoup de choses de notre vie et de celle des autres. Du coup, la préparation est moins une question de temps qu'une disponibilité au texte. J'ai fréquemment prêché au Sacré-Coeur. Parfois, on voudrait bousculer des choses, mais quand ce n'est pas le moment, cela ne passe pas ! On ne peut pas maîtriser le texte comme ça. Quelque part, c'est le texte qui nous maîtrise, qui nous donne l'inspiration. Et là, ça part.

Tout chrétien entretient une relation privilégiée à la parole de Dieu ; tout prêtre tout particulièrement ! Quelle relation est-ce que tu entretiens avec la parole de Dieu ?

Je reviens toujours au même point, le prêtre est serviteur. J'aime bien l'image qu'a utilisée sainte Bernadette : je ne suis que le manche du balai. Le prêtre est un peu ça. Il est un peu comme Samuel : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». Il se laisse imprégner par le texte. Le texte nous parle et on le retransmet. J'ai eu souvent des témoignages de personnes, après une homélie : « Ce que vous dites que là, cela nous a touchés ». Pourtant, je n'avais pas réalisé que cela pouvait se dire comme ça.

Il y a des passages bibliques qui te touchent tout particulièrement ?

Jérémie, je crois ! Jérémie et Samuel. En les découvrant, j'ai l'impression de me découvrir moi-même.Et cette découverte est très récente, le fait qu'il il y avait ces deux personnages en moi ! Jérémie, par exemple, a une vie quand même ordinaire. Pourtant, il est appelé à prophétiser la Parole de Dieu et cela lui pose des problèmes dans sa vie de tous les jours. Il réfléchit beaucoup sur les bouleversements quand on dit oui au Seigneur.

Chez Samuel, ce que j'ai beaucoup aimé, c'est l'obéissance à Dieu. Je crois que quelque part, j'ai été comme ça depuis ma conversion. Parce que je connais mes faiblesses et mes limites dans cette voie-là. Je ne sais pas par exemple ce qui va se passer demain, ni après-demain, et pourtant on m'a sollicité tout au long de cette semaine !

D'ailleurs ce lundi je ne sais pas du tout comment ça va se passer. Je me laisse totalement guidé par l'Esprit Saint. Saint-Paul disait que c'est au moment de la faiblesse qu'on se sent fort. Je l'ai souvent vérifié pendant mon année diaconale. Je pense que je me laisse conduire comme ça, c'est mieux que par mon intelligence.

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