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Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Ordination presbytérale de Renaud Saliba

Homélie de Mgr Santier

Mgr Santier durant la célébration
Renaud durant la célébration
photo de Madeleine Delbrêl
Madeleine Delbrêl
une croix oblate sur une Bible ouverte

Cher Renaud

La date de votre ordination presbytérale n’a pas été choisie par hasard, mais avec soin : le 25 janvier, fête de la conversion de Saint Paul, en cette année qui lui est consacrée, un infatigable serviteur de la parole de Dieu et de l’annonce de l’Evangile. Le 25 janvier 1816, date de l’anniversaire de la fondation des Oblats de Marie Immaculée à Aix-en-Provence. Le choix de cette date révèle votre enracinement dans la vie religieuse et dans votre congrégation missionnaire.

Le 25 janvier 1959, le Pape Jean XXIII convoquait le Concile Vatican II. Nous célébrons aujourd’hui le 50ème anniversaire de cette convocation du Concile, un événement majeur de l’histoire de l’Eglise au 20ème siècle. Cette date enracine votre ordination et votre mission dans la mission de l’Eglise universelle : annoncer l’Evangile à tous les hommes.

La parole d’envoi de Jésus ressuscité aux apôtres ne peut être plus claire : « Allez dans le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ». Cette parole de l’Evangile comme la parole d’Ananie à Paul va se réaliser aujourd’hui parmi nous par l’ordination de Renaud : « Tu seras devant tous les hommes témoin de ce que tu as vu, entendu ».

La parole de Dieu, Renaud, a fait irruption dans votre vie, comme elle a fait irruption dans la vie de l’apôtre Paul : « Une lumière m’enveloppa soudain ». Cette parole n’est pas seulement un message mais un visage qui vous a fasciné : « Qui es-tu Seigneur ? », « Je suis Jésus le Nazaréen ».

Cette parole vous l’avez accueillie non comme une parole d’homme mais pour ce qu’elle est réellement, la parole de Dieu. Comme pour Jérémie, elle est devenue la joie et le ravissement de votre cœur. Vous avez voulu mieux la connaître, l’étudier dans les langues dans lesquelles elle a été mise par écrit. Vous en avez scruté le sens, la profondeur, avec toute l’ascèse que cela entraîne, car celui qui scrute les textes des Ecritures sait combien ils lui résistent, et qu’ils l’invitent à leur profond respect de l’altérité, ils l’empêchent de s’approprier la parole ou de se projeter directement en elle comme certains sont tentés de le faire ou le font aujourd’hui.

Vos supérieurs qui ont discerné vos compétences et votre charisme ont répondu à un appel de l’Eglise, et vous avez été envoyé à Angers, à l’Institut catholique, comme professeur d’exégèse, d’Ecriture Sainte. Comme formateur, vous rendez un grand service à l’Eglise, en ouvrant des séminaristes, des novices, des laïcs à l’intelligence des Ecritures, à un temps de grâce de notre époque où beaucoup de croyants cherchent à ressourcer leur engagement professionnel, social et ecclésial, dans la méditation de la parole de Dieu, la Lectio Divina. Pour vivre ces différentes démarches d’approfondissement de la parole, les chrétiens comme l’Eunuque Ethiopien dans les Actes des apôtres, ont besoin de guides sûrs. Votre compétence vous permettra de former ces guides sûrs dont notre Eglise a besoin.

En effet comme le dit Madeleine Delbrêl, une figure évangélique très forte dans le diocèse de Créteil : « On ne peut pas être missionnaire sans avoir fait en soi cet accueil franc, large, cordial à la Parole de Dieu, à l’Evangile ».

« Une fois que nous avons connu la Parole de Dieu, nous n’avons pas le droit de ne pas la recevoir, une fois que nous l’avons reçue, nous n’avons pas le droit de ne pas la laisser s’incarner en nous, une fois qu’elle est incarnée en nous, nous n’avons pas le droit de la garder, nous appartenons à ceux qui l’attendent ».

Cette dernière expression de Madeleine Delbrêl m’a frappé. Elle ne nous dit pas seulement qu’une fois que nous avons reçu la parole, nous sommes conduits, nous avons le devoir de la proclamer, de la partager à d’autres. Elle nous dit que les hommes et les femmes d’aujourd’hui sont en attente de cette parole, et que c’est nous-mêmes qui sommes invités à nous donner en leur partageant la parole.

L’apôtre Paul va jusqu’à dire aux Thessaloniciens : « Nous avions pour vous une telle affection que nous étions prêts non seulement à vous donner l’Evangile de Dieu, mais même notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers ».

Celui qui nous a montré le chemin, c’est Jésus lui-même qui a annoncé le Royaume de Dieu non seulement par des paroles mais aussi par des guérisons. Sa proclamation du Royaume a culminé dans le don de sa vie par amour pour tous les hommes sur la Croix.

Et ce don nous est rendu présent à chaque Eucharistie, comme l’exprime le Pape Benoît XVI : « A l’Eucharistie, Jésus ne nous donne pas seulement quelque chose, il se donne lui-même ».

Renaud, par l’imposition des mains de l’évêque et des prêtres présents, et le don de l’Esprit, vous allez devenir prêtre, configuré à Jésus, mort et ressuscité pour agir en son nom dans l’annonce de l’Evangile et par les sacrements, particulièrement l’Eucharistie.

Au cœur de votre ministère, vous célébrerez l’Eucharistie, tenant entre vos mains le pain, devant les fidèles rassemblés, vous direz : « Ceci est mon corps livré pour vous ».

Sacramentellement, vous rendrez présent le don que Jésus a fait de sa vie, et à travers lui, vous vous donnerez à ceux vers qui vous êtes et vous serez envoyés.

L’Evangile n’est pas seulement un message, mais un visage, en le méditant nous rencontrons vraiment le Christ qui se donne à nous à chaque Eucharistie à travers sa parole et le don de son corps et de son sang.

A travers votre mission d’enseignant d’Ecriture Sainte, à travers l’Eucharistie, vous révélerez aux étudiants le vrai visage du Christ et de l’Eglise ; l’Eucharistie où le Christ se donne à nous conjointement dans sa parole et dans son corps est une école d’amour, de charité. Elle nous apprend à faire de nos vies un don pour les autres ; notre vie devient, elle-même, parole et pain pour nos frères et sœurs en humanité.

Comme l’apôtre Paul dont vous avez choisi de continuer et d’approfondir sa mission, sa pensée théologique, qui s’est livré totalement à la passion d’annoncer l’Evangile, cher Renaud, je vous souhaite d’être totalement livré à cette passion, de communiquer aux hommes votre amour de la parole de Dieu, votre amour du Christ, et d’être aussi profondément heureux.

Cette mission vous ne l’exercerez pas seul mais en Eglise, au sein de votre congrégation, à Angers avec vos collègues professeurs de la Faculté de théologie, et aussi dans ce diocèse de Créteil où vous vivrez en communauté, et du fait même j’ai aujourd’hui la joie par cette ordination de vous dire que comme tout prêtre religieux résidant dans ce diocèse de Créteil vous ferez partie du presbyterium le temps où vous y résiderez.

Avec votre famille, avec tous les chrétiens des paroisses de Fontenay-sous-Bois, votre congrégation, et l’Institut catholique d’Angers, j’en rends grâce de tout cœur au Seigneur.

+ Michel Santier,
Evêque de Créteil
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